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Anne Jouan | le figaro le 08.08.2008

35 h : les entreprises pas pressées de renégocier

vendredi 8 août 2008 par ANNE JOUAN
Même si la loi leur permettra de négocier la durée du travail, elles hésitent encore à remettre en question les accords déjà existants.

Parce qu’elles ont déjà eu du mal à mettre en place des accords complexes à négocier, et parce qu’elles ont dû se faire aux nouvelles façons de travailler après l’arrivée des 35 heures, les entreprises avaient l’espoir de souffler un peu. Mais la nouvelle loi sur la durée du temps de travail vient les bousculer : désormais, chacune d’entre elles pourra négocier sa durée du travail en dérogeant aux obligations jusqu’ici fixées par les branches.

PSA juge le dossier « complexe » et le constructeur automobile avoue être « en train de travailler dessus même s’il est beaucoup trop tôt pour dire quelles orientations seront retenues ». La DRH confie malgré tout que « notre accord 35 heures en vigueur depuis dix ans a vécu, il s’est adapté aux façons de travailler. Il n’y a donc pas de raison de le dénoncer ». Chez Alstom, même son de cloche : on explique ne pas avoir le projet de dénoncer l’accord déjà existant, tout simplement parce qu’il « fonctionne ». Et ce n’est pas la nouvelle loi qui marquera un changement de position chez le groupe industriel. L’Oréal estime que « cette loi va nous mettre face à nos responsabilités, note Jean-Claude Legrand, le directeur du recrutement. Je pense aux syndicats qui grinchent à propos du pouvoir d’achat, aux salariés et même aux entreprises. On a tellement maudit les 35 heures qui ont terni l’image internationale de la France que maintenant nous sommes au pied du mur ! ». Selon lui, très peu d’entreprises vont se lancer dans la négociation. « L’hiver et le printemps ont déjà été tendus en matière de revendications salariales, on ne va pas se précipiter pour se mettre autour de la table », ajoute-t-il.

Chez Michelin, on insiste en revanche sur le fait « qu’il y a des bonnes choses dans la nouvelle loi » et on indique « réfléchir pour s’asseoir autour de la table avec les partenaires sociaux dans les prochains mois », pas nécessairement pour renégocier des nouveaux accords mais « pour voir ».

Pas de dénonciation des accords en cours

Jean-François Halouze Lamy, adjoint au directeur des ressources humaines d’HSBC explique que la banque ne pense pas dénoncer les accords en cours. « Le 21 juillet dernier, nous avons signé un nouvel accord (ratifié par tous les syndicats à l’exception de FO), fruit d’une négociation entamée en 2007 et qui a nécessité onze séances de discussion, note-t-il. Même en dénonçant tous nos accords en cours, nous ne pourrions pas augmenter de manière conséquente la durée du travail puisque le secteur de la banque dispose de textes spécifiques régissant les jours fériés. Les gains ne seraient donc pas extraordinaires. » Le DRH relève que beaucoup de cadres, surtout jeunes, ne prennent pas leurs jours de RTT et en demandent le paiement.

« On est sûrs d’avoir des demandes qui vont dans le sens du travailler plus pour gagner plus, pronostique le DRH d’une autre banque, et nous les accepterons. Nous les solliciterons peut-être même », avoue-t-il. « On se dit que quelqu’un qui travaille plus coûte moins cher que d’embaucher. Le gain économique est évident et ce système de choisir individuellement de travailler plus va être particulièrement intéressant pour les cadres commerciaux. » Le DRH part du principe que si un commercial dispose d’une heure de plus pour aller voir un client, la banque a une chance de vendre un produit en plus.

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