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Un article de François-Xavier Bourmaud paru dans le Figaro du 31 octobre 2005

35 heures : les assouplissements ont eu encore peu d’effets

lundi 31 octobre 2005 par François-Xavier Bourmaud

ALORS que le gouvernement a annoncé la semaine dernière un début de réforme des 35 heures dans le secteur public, qu’en est-il pour le privé ? Depuis 2002, deux réformes successives ont modifié le régime du temps de travail : les assouplissements Fillon en 2003 et Larcher en 2005. Le premier a étendu de 130 à 180 le quota d’heures supplémentaires auxquelles pouvaient recourir les entreprises, le second a encore augmenté ce quota pour le porter à 220, mais il a surtout simplifié le fonctionnement du compte épargne-temps (CET). Le principe est simple : un plus grand nombre de jours de RTT peut être stocké sur ce compte, jusqu’à 22 par an, et transformé en rémunération à la fin de l’année. La mise en oeuvre de ce système reste toutefois soumise à la signature d’un accord d’entreprise. Par ailleurs, les cadres bénéficient du « forfait jours », qui leur permet de revendre leurs jours de RTT ou de congé à leur employeur. Depuis l’été, ce forfait a été étendu à l’ensemble des salariés. Selon le slogan martelé par la majorité tout au long de la mise en place de ces assouplissements, la réforme visait avant tout à permettre aux salariés qui le souhaitaient de « travailler plus pour gagner plus ».

Sept mois après l’entrée en vigueur du CET nouvelle formule, la réforme n’a pas encore véritablement produit ses effets. Il faut dire que le CET revenait de loin. Au moment du vote de la loi, seulement 15 à 20 % des entreprises disposaient d’un tel système, et, selon de nombreux DRH, les salariés ne s’étaient pas encore approprié l’objet. Il faut dire que, tout comme le premier assouplissement Fillon sur les heures supplémentaires, l’utilisation du nouveau dispositif dépend largement de l’environnement économique et de la bonne santé de l’entreprise. Il n’est que de regarder le récent exemple de Hewlett-Packard, où il n’a pas été question un istant de recourir aux assouplissements des 35 heures, mais bel et bien de les abandonner pour éviter de supprimer des emplois. Au bout du compte, et comme le souligne une enquête de l’Insee, le gain de temps procuré par le passage aux 35 heures est bien loin de compenser la perte du pouvoir d’achat causée par la RTT. Cette dernière avait alors été négociée en contrepartie d’une modération, voire même d’un gel des salaires. Certes, les cadres ont pu y trouver leur compte. « Dans leur ensemble, ils manifestent davantage de satisfaction vis-à-vis de la loi sur la RTT que les non-qualifiés », indique la CGT-cadres.

Mais pour les ouvriers ou les employés faiblement qualifiés, la situation est radicalement différente. Pour ces populations, « l’intensification du travail et l’exigence accrue de polyvalence vont de pair avec le sentiment d’une dégradation des conditions de travail », estime l’Insee. Sentiment auquel se conjugue désormais l’impression persistante d’une perte de pouvoir d’achat.

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