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Article de Cécile Prieur paru dans Le Monde du 22 juillet 2006

680 blocs opératoires privés prêts à fermer en raison de revendications tarifaires

samedi 22 juillet 2006 par Cécile Prieur

Plus des deux tiers des blocs opératoires des cliniques privées, soit 680 sur 900, devraient fermer à partir de lundi 24 juillet, en raison d’un arrêt de travail organisé par des chirurgiens, gynécologues-obstétriciens et anesthésistes libéraux.

Appelé "La France sans bloc opératoire", ce mouvement à durée illimitée entend dénoncer un manque de revalorisation des actes des chirurgiens et anesthésistes ainsi que l’augmentation des primes d’assurances des obstétriciens.

Pour les patients, les conséquences pourraient rapidement se faire sentir : les opérations non urgentes seront déprogrammées et les femmes enceintes ayant projeté d’accoucher en clinique, appelées à se reporter sur les maternités publiques.

Organisé par l’Union des chirurgiens de France (UCDF), le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof) et l’Association des anesthésiologistes libéraux (AAL), cet arrêt de travail est le dernier épisode en date d’un conflit engagé depuis plusieurs mois avec le ministère de la santé et l’assurance-maladie.

Après avoir menacé de s’exiler symboliquement en Angleterre, les chirurgiens avaient obtenu de l’ancien ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, un accord signé le 23 août 2004, qui prévoyait notamment l’augmentation de 25 % des actes de chirurgie et la compensation de l’augmentation des primes d’assurance.

Deux ans après cet accord, les praticiens estiment que le compte n’y est pas. "Seule une revalorisation des actes de chirurgiens de 12,5 % a été obtenue, tous les autres points ont été balayés", s’insurge Guy-Marie Cousin, président du Syngof.

Les obstétriciens réclament notamment une "garantie écrite" des assureurs qu’ils diminueront bien leurs primes, comprises aujourd’hui entre 15 000 et 25 000 euros par an pour un salaire moyen net de 80 000 à 90 000 euros.

Quant aux anesthésistes, ils exigent eux aussi une revalorisation tarifaire, estimant que leur spécialité, sinistrée, n’attire plus suffisamment de jeunes praticiens.

Face à un mouvement qui pourrait peser sur la continuité des soins, le ministre de la santé, Xavier Bertrand, devait envoyer un courrier aux trois organisations syndicales, vendredi 21 juillet, dans lequel il propose d’inscrire certaines revalorisations dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale débattu à l’automne au Parlement.

De leur côté, les syndicats Sud et CGT Santé ont dénoncé un mouvement lancé en pleine période "estivale et caniculaire" et qui devrait conduire les hôpitaux publics à "assumer un surplus d’activité alors que leurs personnels sont déjà soumis à de fortes pressions".

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