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Un article de Jacqueline Sellem paru dans l’Humanité du 8 octobre 2005

91 % des Français : le gouvernement doit négocier !

samedi 8 octobre 2005 par Jacqueline Sellem
Sondage exclusif CSA. Après les manifestations du 4 octobre, une écrasante majorité de citoyens demande des négociations sur les salaires et la précarité.

La balle est aujourd’hui dans le camp du gouvernement et l’attente est grande, c’est ce qui ressort du sondage CSA réalisé pour l’Humanité au lendemain de la journée de mobilisation intersyndicale du 4 octobre. À la question : « Souhaitez-vous que le gouvernement ouvre des négociations sur les salaires et la précarité ? », une écrasante majorité de Français (91 %) répond « oui » avec une belle unanimité qui dépasse tous les clivages d’âges, de profession et même de proximité politique. Qu’on en juge : quand en dessous de 30 ans on répond « oui » à 93 %, les plus de 50 ans apparaissent comme les moins nombreux à être convaincus, ils approuvent tout de même à 89 %. « Oui » à 86 % des cadres, professions libérales et intermédiaires et à 95 % des employés et ouvriers. « Oui » à 89 %, à 92 % ou à 94 % selon que l’on habite dans une banlieue, dans une commune rurale ou dans une ville. « Oui » à 88 % en Île-de-France et à 95 % dans le Sud-Ouest. « Oui » à 79 % de ceux qui se sentent proches de l’UMP et à 99 % de ceux qui sont proches du PCF, voilà l’écart le plus grand !

une Journée d’action soutenue à 74%

Les Français ont de la suite dans les idées. À la veille du 4 octobre, le baromètre social NVO-l’Humanité témoignait d’un record de sympathie pour cette journée d’action avec 74 % des personnes interrogées qui disaient la soutenir. Et la mobilisation a été au rendez-vous. Son ampleur a dépassé celle, déjà exceptionnelle, du 10 mars dernier avec une plus grande affluence dans des cortèges plus nombreux, une participation plus large des salariés du secteur privé. Dans ces conditions, les affirmations répétées à l’envi par le premier ministre pour vanter sa politique risquent fort de ne pas faire le compte. « Je suis à l’écoute de nos compatriotes », proclamait-il jeudi au Sénat en assurant que son gouvernement allait « répondre vite » sur « l’emploi et le pouvoir d’achat » (lire également page 12) mais il s’est bien gardé de faire marche arrière sur sa réforme fiscale tout entière concoctée pour répondre aux voeux du MEDEF et favoriser les plus fortunés, il s’est bien gardé de renoncer au forfait de 18 euros sur les actes médicaux d’un coût supérieur à 91 euros imposé en catimini il y a quelques jours seulement. Quant au contrat nouvelles embauches (CNE), qui livre les salariés, en particulier les plus jeunes, à une insécurité à durée indéterminée, il n’a pas le moins du monde manifesté l’intention de le remettre en cause. Alors ? Du côté syndical le ton s’est durci unanimement, tout comme la mobilisation : « Cela fait deux fois qu’il y a plus d’un million de personnes dans les rues cette année, et il n’y a absolument aucun sujet en discussion avec le gouvernement aujourd’hui », déclarait jeudi le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, en précisant qu’il attendait « une initiative » de la part du premier ministre, en particulier « l’ouverture d’un cycle de négociations sur l’emploi et le pouvoir d’achat ». Pour l’heure, des contacts sont pris entre les différentes organisations pour décider des suites à donner à ce 4 octobre.

grèves et manif UN PEU PARTOUT

Des suites ? Le centre d’appels Téléperformance Rhône-Alpes, à Lyon, qui compte une centaine de salariés dont la moitié seulement en contrat à durée indéterminée, est en grève depuis mercredi avec pour revendications : une augmentation de salaire de 10 % et l’instauration d’un 13e mois. Dans les transports en commun de la Connex, à Nancy, 50 % des conducteurs sont en grève pour les salaires, les conditions de travail et la levée des sanctions concernant certains salariés. Des suites encore : mercredi 12 octobre, les enseignants du second degré, à l’appel du SNES FSU, organiseront des manifestations contre les remplacements contraints d’enseignants absents par leurs propres collègues et pour réclamer des postes supplémentaires. À la SNCM, chez HP, chez Jourdan, chez Flextronics, chez Nestlé..., partout où l’on sabre sans scrupules les emplois, la colère n’est pas prête de retomber.

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