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ÉRIC FAVEREAU | Libération le 20.10.2007

A Aulnay, l’amiante, voisin maudit

samedi 20 octobre 2007 par Eric FAVEREAU

C’est une première. Vendredi a été mise en ligne sur le site de l’Institut de veille sanitaire (InVS) une « étude de santé publique autour d’une ancienne usine de broyage d’amiante à Aulnay-sous-Bois [Seine-Saint-Denis] ». Et « c’ est la première fois qu’en France des cas strictement environnementaux de contamination par l’amiante sont mis en évidence dans le voisinage d’une ancienne usine ».

L’information est d’importance, car jusqu’à présent les méfaits de l’amiante avaient été notés pour les ouvriers travaillant directement sur ce matériau. Plus récemment des cas avaient été identifiés sur des personnes rendues malades par ce produit à l’université de Jussieu, mais il s’agissait de personnes travaillant dans un lieu clos. L’histoire de l’usine d’Aulnay et des conséquences sur le voisinage est donc radicalement différente.

Cette usine - le Comptoir des minéraux et des matières premières (CMMP) - a une longue histoire. Spécialisé dans le commerce et le broyage de minéraux et dans le broyage, défibrage et cardage d’amiante brut, elle s’était installée en 1938 dans une ancienne menuiserie au sein d’une zone déjà urbanisée comportant alors des pavillons d’habitation, des commerces, et proche d’une école. Cette zone s’est d’ailleurs rapidement densifiée. Après une interruption pendant la guerre, l’entreprise a repris son activité jusqu’en 1991, date à laquelle elle a définitivement fermé ses portes. Puis le terrain a été mis en vente.

En 1997, après le décès d’un riverain d’un mésothéliome, une plainte a été déposée. Le cas était troublant : aucune exposition professionnelle à l’amiante n’était connue chez cette personne et seul le fait d’avoir habité à proximité de l’usine semblait expliquer la maladie. Devant les inquiétudes du voisinage, trois études - celles rendues publiques vendredi - ont été lancées par l’InVS fin 2005. L’étude a été menée auprès des cas signalés par les associations de riverains, de ceux identifiés par le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) et de ceux collectés par le juge d’instruction. Vingt et une personnes présentant un mésothéliome, une plaque pleurale ou une asbestose ont été identifiés. « Sur ces cas on retrouve une exposition exclusivement environnementale ou mixte… L’alerte lancée par les associations était donc vérifiée », conclut le travail.

Une affirmation qui n’est pas sans conséquence. Elle devrait induire une série de campagnes de communication auprès des habitants de ce quartier.

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