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Le Monde du 30.01.07 | Philippe Allienne

A Dunkerque, six anciens dockers victimes de l’amiante sont en grève de la faim pour être mieux indemnisés

mardi 30 janvier 2007 par Philippe Allienne
Ils sont six, âgés de 58 à 60 ans, installés dans l’église Saint-Eloi de Dunkerque (Nord). Malades de l’amiante, ces anciens dockers observent une grève de la faim depuis le 11 janvier pour obtenir un nouveau calcul de leurs indemnités. En toile de fond : un débat juridique et une vieille haine entre le patronat local et l’ex-syndicat CGT des dockers.

Il faut remonter à mai 1992 pour comprendre le conflit. Le gouvernement de l’époque met un terme au statut d’intermittent des ouvriers dockers organisé par la loi de 1947. Dans l’ensemble des ports français, la corporation se bat pour maintenir ses avantages. A Dunkerque, la puissante Chambre syndicale des ouvriers du port mène sa dernière bataille. En vain. Le port de Dunkerque se targuera d’être le premier à appliquer la réforme. Une page se tourne.

Les 200 dockers qui refusent le nouveau régime quittent la profession et obtiennent des indemnités. Mais au sein du patronat portuaire, on gardera le souvenir douloureux des grèves et de l’inflexibilité du syndicat. Lorsque éclate l’affaire de l’amiante, quelques années plus tard, les ex-dockers concernés s’attendent à être indemnisés comme les autres victimes.

PROMESSES

S’appuyant sur une circulaire ministérielle du 28 mars 1999, concernant l’activité discontinue, ils estiment que leur allocation doit être calculée sur les 365 derniers jours travaillés et non sur l’année civile. En transmettant ses dossiers à la caisse régionale d’assurance-maladie, la caisse de compensation des congés payés de Dunkerque a fait son calcul sur les douze derniers mois. Elle se base sur un décret du 30 janvier 2001.

Dans un courrier, adressé le 24 janvier au ministre de la santé, Xavier Bertrand, l’Association nationale des victimes de l’amiante (Andeva) explique que le mode de calcul de la caisse de compensation a pour effet d’effacer "les 52 dimanches d’une année". Cela ramène les jours travaillés à 313, et provoque un manque à gagner d’environ 200 euros par mois pour les intéressés.

Après plusieurs reports d’audience, depuis juin 2005, le tribunal des affaires de Sécurité sociale doit se prononcer le 15 février. 80 dossiers seront examinés. D’ici là, sous les nefs de l’église Saint-Eloi, les six grévistes de la faim n’entendent pas cesser leur mouvement et évoquent une première grève de 11 jours, en mai 2005, et des promesses qui n’ont pas abouti.

Grande figure syndicaliste du mouvement de 1992 et des années qui ont précédé, Louis Monteyne se dit persuadé que ses camarades et lui sont aujourd’hui "victimes d’un règlement de comptes". Une thèse que ne renient pas les 150 élus de la région et les associations qui soutiennent les dockers.

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