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Mehdi Fikri | L’humanité le 13.02.2008

A Gandrange, les syndicats divergent sur la tactique

jeudi 14 février 2008 par Mehdi Fikri
Sidérurgie . La CGT d’Arcelor Mittal organise ce matin un rassemblement pour dénoncer l’accord que s’apprête à parapher la CFDT.

Le 16 janvier, Jacky Mascielli (CGT), Marcel Thill (CFDT) et Thierry Tavosso (CFE-CGC) parlaient d’une seule voix. Les trois têtes de l’intersyndicale d’Arcelor Mittal réclamaient le gel des 595 suppressions d’emplois. Un mois après, leur but n’a pas changé, mais « c’est la fin de l’union sacrée », déplore Édouard Martin, de la CFDT. La CGT dénonce ce matin l’accord de méthode validé par la CFDT et la CFE-CGC (majoritaires). Elle les accuse de « faire une mobilisation de façade, tout en négociant en coulisse ».

L’accord, qui sera signé au CE de demain, est contesté sur deux points. « Un : l’accord verrouille le calendrier des négociations. Impossible de gagner du temps. Deux : le texte empêche tout recours en justice », justifie Serge Jurzak, délégué CGT à Gandrange.

À cela, la CFDT rétorque qu’il faut déjà exploiter les acquis obtenus depuis le début du conflit. Édouard Martin explique : « Sur la question des délais, nous avons obtenu cinq semaines de plus que ce qui est légalement prévu ! Quant aux éventuels recours juridiques, nous y sommes opposés. Quelle place restera-t-il pour l’action collective si, comme aux États-Unis, on va devant les tribunaux pour rien ? Travaillons d’abord sur le dossier, on verra ensuite. »

« C’est une manière de rendre les armes ! tonne Ralph Blindauer, l’avocat de la CGT. Soyons lucides : le seul moyen de contraindre l’employeur à négocier est de ne pas signer l’accord. Car, si Mittal veut s’asseoir en avril sur la contre-expertise du CE, rien ne pourra l’arrêter ! » « Faux, selon la CFDT. L’accord oblige Mittal à justifier un éventuel rejet de la contre-expertise. » « Et après tout, si le texte est si merdique, pourquoi la CGT n’a-t-elle pas voté contre au lieu de s’abstenir le 25 janvier ? » s’emporte Édouard Martin. « Pour préserver l’unité en vue de la manif du 9 février », répond Serge Jurzak, qui confirme néanmoins que la conférence de presse d’aujourd’hui risque de « signer la mort de l’intersyndicale ».

Un hasard du calendrier fait coïncider l’éclatement du front syndical avec la publication des comptes de Mittal. Hier soir, on parlait de 8 milliards d’euros de bénéfces et de 697 millions de dividendes reversés à la famille du PDG. D’après nos informations, le cabinet d’experts estime actuellement « entre 30 et 50 millions d’euros » la somme nécessaire pour revitaliser l’usine.

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