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Un article de Michel HENRY paru dans Libération le 21 novembre 2005

A Marseille, deux syndicats laissent tomber la grève

lundi 21 novembre 2005 par Michel HENRY
L’Unsa et FO représentent un quart du personnel de la Régie des transports.

Le front syndical se fissure, mais la grève se poursuit. Au 42e jour de conflit hier, FO et Unsa ont claqué hier la porte de l’intersyndicale à la RTM (Régie des transports de Marseille) et ont appelé leurs adhérents à reprendre le travail. CGT, CFDT et six autres organisations « représentant plus de 75 % du personnel » continuent. Elles n’ont pas obtenu ce qu’elles voulaient dans le « préprotocole d’accord » rédigé par la direction après deux jours de négociations. La CGT se bat toujours « contre la privatisation du tramway ». La CFDT veut « l’unicité de la compagnie » et non sa partition entre d’un côté une gestion des bus et métro gardée à 100 % par la régie, et de l’autre le futur tramway confié à une union RTM-Connex (filiale de Véolia, ex-Vivendi).

Pour FO (qui revendique 18 % des salariés de la Régie), pas moyen d’aller plus loin : « Le texte n’est pas satisfaisant, mais il y a une porte de sortie honorable », explique Alain Requenna. Notamment par l’étalement de la retenue des jours de grève sur dix mois. « Maintenant, certains veulent nous entraîner sur le terrain politique, ajoute Requenna. Nous n’irons pas. Nous pensons aux pères de famille qui n’auront rien à la fin du mois. »

Pour l’Unsa (6 % des salariés), Roger Annunziata se satisfait : « On a des garanties écrites. Elles nous conviennent. » Notamment sur le statut des futurs agents du tram. Un autre militant Unsa s’inquiète : « Est-ce qu’on a le droit d’affamer les salariés ? Ce n’est plus du syndicalisme, ça. » Ces deux organisations admettent à demi-mot la défaite : l’intersyndicale était partie en lutte pour le retrait de la DSP (délégation de service public) du futur tramway (2007), qui préfigure selon elle une privatisation. Elles ne l’ont pas obtenue du maire Jean-Claude Gaudin (UMP). « On est obligés d’abandonner la DSP, assure Requenna : si on restait dessus, il n’y avait plus de bus à Marseille pendant un an. »

« A l’agonie ». Même amputée de deux membres, l’intersyndicale (CGT-UGICT-CFDT-SL-Sud-CFTC) poursuit son combat. A la CFDT, il y a eu de chauds débats, notamment sur l’impact financier de la grève. Mais la ligne de fermeté l’a emporté. Patrick Parra (CFDT) n’en démord pas : « On veut nous avilir. Nos interlocuteurs ne veulent pas négocier, mais nous mater. Ils veulent qu’on sorte vaincus, à l’agonie. » Alain Vercellone (CGT) résume : « On n’a pas de réponse sur la privatisation du tramway. Donc, on continue. »

Ce matin, les salariés décident en AG de la suite du mouvement. Jusqu’ici, 85 % des agents roulants faisaient grève. Ils seront peut-être moins nombreux, ce qui pourrait augmenter le trafic des bus. Mais dans un Marseille sur les nerfs (pour les usagers des transports) ou bientôt sur la paille (pour les commerçants du centre-ville), le blocage va continuer

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