Liste des auteurs

Michel Samson | Le Monde du 26.07.07.

A Plan-de-Campagne, la tension monte sur l’ouverture dominicale

jeudi 26 juillet 2007 par Michel Samson

D’ici au vendredi 27 juillet, le nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Michel Sappin, devra accorder ou non de nouvelles dérogations permettant l’ouverture dominicale des commerces de la zone de Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône). Son prédécesseur avait attribué, en janvier, de nouvelles autorisations valables six mois (Le Monde du 30 janvier 2007).

La zone commerciale, située entre Aix-en-Provence et Marseille, emploie près de 6 000 personnes dans 400 magasins, dont 156 ouvrent le dimanche depuis plus de vingt ans grâce aux dérogations préfectorales. Pour le patronat, l’arrêt du travail dominical ferait disparaître près de 1 000 emplois, ce que contestent la CFDT et la CGT.

Vendredi 20 juillet, l’Union pour les entreprises (UPE, le Medef local) et trois syndicats (FO, la CFTC et le CFE-CGC) ont signé un accord, demandant au préfet de nouvelles dérogations. Ils estiment que " le retour brutal au droit commun aurait des conséquences (sociales et économiques) graves".

L’accord prévoit "un retour au droit commun dans un délai expirant le 30 juin 2008". D’ici là, il organise "l’actualisation de contreparties salariales et l’étude du réembauchage prioritaire des salariés licenciés depuis janvier 2007". Selon Nicolas Barthe, de l’UPE, il y a eu, depuis janvier, 52 licenciements liés à une baisse de fréquentation le dimanche, le public croyant la zone désormais fermée.

CFDT et CGT demandent, eux, au préfet de ne pas autoriser ces ouvertures dominicales. Les deux organisations non signataires refusent "qu’on négocie le code du travail". Elles relèvent que, depuis plus de vingt ans, les patrons refusent toute discussion sérieuse sur le maintien de l’emploi et des salaires. A la suite des plaintes qu’elles ont déposées, le tribunal administratif de Marseille a jugé illégales, en avril dernier, les dérogations préfectorales. Le tribunal de grande instance d’Aix a d’ailleurs condamné, le 17 juillet, quatre grands magasins ayant ouvert malgré ces décisions judiciaires à des amendes de 5 000 euros par salarié et par infraction constatée. Trois d’entre eux ont quand même ouvert le 20 juillet.

Les patrons des grandes enseignes comme ceux de nombreuses PME sont exaspérés par l’action des syndicats qualifiés par certains de "mafias". Ils sont soutenus par une association de salariés, Génération Plan. Beaucoup de ses membres travaillent surtout le dimanche ou ne disposent que de contrats précaires. La CGT et la CFDT, qui ont du mal à s’implanter sur la zone, affirment que la plupart y sont contraints "car beaucoup ne touchent que 1 150 euros par mois, dimanche compris".

QUERELLE D’ÉLUS

Le vieillissement de la zone commerciale exige aussi des investissements publics pour l’aménagement des voies et la sécurisation des installations. Toujours retardés, ils donnent, eux aussi, matière à polémique. Maryse Joissains-Masini, maire (UMP) d’Aix et présidente de la communauté d’agglomération du pays d’Aix, a récemment écrit une lettre sans aménité à son homologue marseillais Jean-Claude Gaudin (UMP). Elle lui rappelle avoir investi 51 millions d’euros "dans le schéma d’aménagement du site" et lui reproche de "faire obstacle au maintien du dynamisme de cette zone et à la pérennité d’emploi qu’elle génère".

Le préfet doit donc aussi parvenir à faire travailler ensemble les collectivités locales pour garantir l’avenir du site. Car les investisseurs potentiels, que dit connaître l’UPE, attendent sa modernisation pour s’y implanter.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !