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Un article de Alain Raynal paru dans L’Humanité du 15 avril 2006

À Toulouse, rassemblement pour l’amnistie des anti-CPE

samedi 15 avril 2006 par Alain Raynal
Répression . Poursuivi après l’occupation à la gare Matabiau, David Fourcade, dirigeant de la JC, propose de revendiquer collectivement cette action non-violente, à la manière des faucheurs d’OGM.

Alors que dans tout le pays l’ampleur de la répression à l’encontre des anti-CPE (plus de 4 000 interpellations, des milliers de jeunes en garde à vue, souvent humiliés et parfois tabassés, des centaines de procès en cours ou encore à venir, avec, à la clé, des condamnations hâtives à de la prison ferme, etc.) suscite jour après jour un émoi grandissant, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés hier à midi devant la préfecture de Toulouse.

les policiers n’ont pas hésité à frapper

À l’appel des syndicats CGT, SUD, FSU, UNEF, des assemblées d’étudiants des trois universités, mais aussi de l’ensemble des partis de gauche (PCF, LCR, PRS, PS, LO), ils entendaient dénoncer les violences policières visant depuis le début du mouvement les jeunes lycéens et étudiants engagés dans l’action anti-CPE. Sévèrement critiquée, la brigade anti-criminalité, qui a multiplié les provocations, et interpellé des jeunes au coeur même des manifestations. Plusieurs étudiants sont aujourd’hui sous le coup de condamnation à des peines avec sursis. D’autres doivent être prochainement convoqués devant la justice. Lors de certaines actions de blocage, toutes pacifiques, des anti-CPE, comme celle du 6 avril sur les voies SNCF de la gare Matabiau, les policiers n’ont pas hésité à frapper violemment des jeunes et cinq ont dû être hospitalisés. Lors du rassemblement, une délégation a été reçue par le préfet de région pour demander que cessent de telles pratiques, que la lumière soit faite sur les faits et des sanctions prises à l’encontre des policiers, que les poursuites judiciaires soient abandonnées à l’égard des jeunes. En attendant le retour de la délégation, plusieurs jeunes ont témoigné de cette dérive répressive. Mathieu, dix-huit ans, étudiant en éducation physique et sportive à l’université Paul-Sabatier a été hospitalisé pendant vingt-quatre heures pour un violent coup à la tempe et des pertes de connaissance après la manifestation en gare SNCF.

« frappés comme du bétail »

« Ce qui s’est passé est intolérable, ils nous ont frappés comme du bétail, des coups gratuits, alors que nous manifestions sans violence, que nous n’opposions même pas de résistance. » Mathieu et plusieurs autres étudiants ont déposé plainte à l’issue de cette manifestation en gare. En garde à vue mardi soir pendant près de cinq heures pour des faits non avérés (voir l’Humanité du 12 avril 2006), David Fourcade, dirigeant départemental de la Jeunesse communiste revendique que toutes les informations sur les responsables de ces agissements policiers soient communiquées. Il invite les victimes à porter plainte individuellement, puis à se réunir pour donner une suite commune à la dénonciation des violences policières. « Nous étions plus de 600 à bloquer les voies ferrées le 6 avril, nous nous revendiquons tous responsables de cette action pacifique, comme l’ont fait les faucheurs volontaires d’OGM. Je ne vois pas pourquoi quatre seulement, pris au hasard, seraient poursuivis. »

Quelques personnes ont photocopié l’appel lancé par l’Humanité. Les feuilles se couvrent de signatures, dont celle de Rodrigo, vingt-six ans. Il n’a jamais participé aux manifestations, mais plusieurs de ses copains de fac ont été victimes des agissements de la BAC. « Je suis là parce que je sais et j’assure que mes amis étudiants ne sont ni violents ni voyous. »

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