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fusion Suez GDF : les analyses et proposition de la CGT

ASSURER LA PERENNITE DU GROUPE SUEZ PAR DES MESURES ANTI-OPA

jeudi 2 mars 2006 par Confédération Générale du Travail (CGT)
La CGT ne prend pas le risque d’OPA sur Suez à la légère, même si le doute persiste sur la réalité des intentions d’Enel. Le simple fait que Suez ait été désignée comme cible potentielle fragilise le groupe.

C’est d’ailleurs la démonstration que, pour une entreprise de caractère stratégique, l’absence de maîtrise publique constitue un problème en soi. C’est pourquoi la CGT considère qu’il est possible, et cela constitue une alternative à la fusion Suez - GDF, de mettre en place une composition du capital de Suez permettant de bloquer une OPA. Le capital de Suez (source rapport annuel 2004) contient déjà des participations constituant un début de noyau dur : actionnariat salarié, Crédit Agricole, Caisse de Dépôts et Consignations (CDC), CNP Assurances. Les droits de vote attachés à ces participations (y compris droits de vote double) représentent 20% du total.

Afin d’atteindre la minorité de blocage (plus d’un tiers des voix), la CGT propose de renforcer le noyau dur d’environ 14% des actions, dont l’acquisition représente un investissement, en se basant sur les cours moyens des derniers mois, de 5 à 6 milliards d’euros.

Il serait possible de renforcer ce noyau dur en faisant monter, dans le capital, les actionnaires déjà présents, notamment la CDC et en faisant entrer d’autres fonds stables (Caisses d’Epargne, Fonds de Réserve pour les Retraites, par exemple, mais aussi des collectivités locales, notamment intercommunales belges et espagnoles). Quant à l’actionnariat salarié, il faut veiller à sa non-dilution voire son renforcement, avec une meilleure prise en compte dans la gouvernance du Groupe.

Ce renforcement du noyau dur répondrait à deux enjeux.

Premièrement, il empêcherait toute OPA hostile et cela rapidement. La solution proposée dans l’urgence, la fusion Suez-GDF, qui ne pourrait se faire que d’ici fin 2006, ne protège nullement Suez d’une OPA jusque là. L’exemple de Gas Natural le montre : cela faisait six mois qu’il préparait l’OPA sur Endesa quand Eon a lancé une contre- OPA. D’ailleurs, le niveau bas de valorisation de Suez dans le projet de fusion pourrait favoriser l’offre d’un prédateur.

Deuxièmement, il permettrait d’empêcher un éclatement de l’entreprise entre la branche énergie et la branche environnement, ou une séparation des métiers de services à l’énergie. C’est cet éclatement que craint principalement le personnel du Groupe. La CGT refuse de se laisser enfermer dans l’idée que la seule possibilité pour protéger Suez consisterait à privilégier une fusion avec GDF. Elle demande que sa proposition soit étudiée et débattue.

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