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Article de Olivier Auguste paru dans Le figaro du 11 mai 2006

Accès à l’emploi : les handicaps des enfants d’immigrés

jeudi 11 mai 2006 par Olivier Auguste
ÉTUDE L’Insee confirme que les jeunes d’origine extra-européenne affrontent plus d’obstacles pour trouver un travail stable.

ILLUSTRATION de la difficulté des jeunes à trouver une place stable dans le monde du travail : cinq années après la fin de leurs études, 6% des jeunes ont travaillé moins d’un an. La moitié d’entre eux n’a même jamais occupé le moindre emploi. C’est l’une des données figurant dans l’édition 2006 des Données sociales, volumineux ouvrage triennal édité par l’Insee, fourmillant de chiffres sur l’emploi, la formation, les revenus, la santé ou encore le logement [1].

En matière d’insertion sur le marché du travail, le diplôme garde un « rôle protecteur » essentiel, observe l’un des contributeurs, Alberto Lopez, du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) : « Pour un jeune sortant du système éducatif sans diplôme, la probabilité que son parcours professionnel soit dominé par le non-emploi est de 26%, contre 2% pour un jeune diplômé de l’enseignement supérieur long (bac + 3 ou plus) » [2].

Cela explique largement l’insertion rapide des enfants issus de catégories socioprofessionnelles élevées : si les fils et filles de cadres trouvent vite un emploi durable, c’est surtout parce qu’ils mènent à bien des études longues.

Exigences salariales

D’ailleurs, à diplôme équivalent, les jeunes d’origine ouvrière se stabilisent aussi rapidement que les autres. Voire plus vite, leurs exigences salariales étant moins élevées. Le constat est bien différent pour les jeunes issus de l’immigration. Certes, ils poursuivent des études moins poussées. Au passage, les jeunes issus d’Europe du Sud, qui ont à peine plus de difficultés d’insertion professionnelle que ceux dont les parents sont nés en France, « sont plutôt poussés vers des formations professionnelles ou technologiques, relève Alberto Lopez. Les parents nés au Maghreb fixent plutôt comme horizon à leurs enfants le bac et l’enseignement général. Au risque de les voir quitter l’enseignement supérieur sans diplôme. » Ces jeunes ont beaucoup plus de mal à trouver un emploi stable.

Mais, même à diplôme et à profession du père comparables, les jeunes d’origine maghrébine ou extra-européenne ont « des difficultés plus importantes d’insertion ». Au-delà de leur niveau de formation, « leurs difficultés proviennent aussi d’autres facteurs comme les discriminations sur le marché du travail », en déduit le Cereq. Un handicap qui ne touche en revanche quasiment pas les jeunes dont l’un des parents est né au Maghreb et l’autre en France.

Indépendamment des origines socioculturelles, l’étude cite enfin divers « événements précarisants du passé familial » : difficultés financières des parents, maladie grave ou chômage prolongé de l’un d’entre eux, problèmes de santé du jeune lui-même, séparation de l’enfant avec sa famille ou séparation des parents. Ces facteurs « ont tendance à se cumuler entre eux », ajoute le Cereq.

[1] Collection Références, 667 pages, 37 euros.

[2] Même si une autre étude du même ouvrage montre que, avec le chômage élevé, un jeune sur quatre occupe un emploi sous-qualifié ou sous-payé par rapport à son diplôme, trois ans après la fin de ses études.

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