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Un article de Christophe Deroubaix paru dans L’Humanité le 23 janvier 2006

Accord pour sauver l’emploi à Nestlé Saint-Menet

lundi 23 janvier 2006 par Christophe Deroubaix
Plan social . En plus de la reprise de la chocolaterie, les syndicats ont obtenu d’importantes avancées dans le « plan de sauvegarde de l’emploi ».

Sauf surprise en dernière minute, la réunion du comité central d’entreprise de Nestlé, prévue demain à Noisiel (Seine-et-Marne), devrait se conclure par la signature d’un protocole de sortie de conflit. Les salariés du site de Saint-Menet ont en effet approuvé, samedi en assemblée générale, les avancées obtenues par leurs représentants syndicaux. Sur 250 salariés présents, seuls 20 se sont opposés à l’acceptation du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) nouvelle mouture, neuf autres s’abstenant.

Ce « protocole » signé, la reprise de la partie chocolaterie par Net Cacao pourra devenir effective au 1er février. L’usine fermera alors pendant trois semaines, puis les 180 salariés seront embauchés. Jean Chenal, le représentant du repreneur, s’est engagé à donner la priorité aux « anciens » de Saint-Menet, même si rien ne l’y oblige, la reprise du site se réalisant dans le cadre d’une cessation d’activités.

Deuxième partie de ce « protocole », le PSE a été l’objet de longues et âpres négociations depuis le CCE du 17 janvier. Joël Budanic, élu CGT, raconte : « Le staff français avait manifestement reçu une enveloppe de la direction en Suisse. Jeudi soir, nous leur avons dit : "Comparez le coût de ce que l’on vous propose et celui d’un conflit." Ils ont aussi vu que les salariés restaient mobilisés. Pendant les négociations, nous avons bloqué deux plates-formes, à Velaux (Bouches-du-Rhône) et dans l’Essonne, tandis que cinq d’entre eux ont déclenché une grève de la faim. Finalement, nous avons fait reculer Nestlé, qui n’avait jamais changé une ligne d’un PSE ni ajouté un centime à l’enveloppe prévue. »

Parmi les avancées obtenues figurent l’abaissement de l’âge de la préretraite de 55 à 54 ans, permettant ainsi à 105 salariés de bénéficier des mesures d’âge (contre 77 auparavant), l’allongement du congé de reconversion de 6 à 7 mois, l’obtention d’une prime de licenciement de 20 000 euros qui s’ajouteront aux indemnités dont la grille a d’ailleurs été majorée, d’une prime de départ de 10 000 euros pour les préretraités et d’une aide de 15 000 euros pour les salariés qui ont privilégié le reclassement interne.

« Si l’on considère ce qui était prévu le 12 mai 2004, à savoir la fermeture définitive du site, si l’on considère le contexte général, et si l’on considère enfin que Nestlé n’avait jamais reculé, alors, on peut parler d’une grande victoire », estime Patrick Candela, secrétaire du syndicat CGT de Saint-Menet, dont la satisfaction ne cache pas une pointe de regret : « Nous aurions pu développer totalement notre projet alternatif avec la sauvegarde de 300 emplois si la décision de la cour d’appel d’Aix ne nous avait pas obligés à négocier le PSE. »

L’objectif des organisations syndicales - zéro salarié au chômage - est désormais presque atteint : 180 emplois de Net Cacao, 105 départs en préretraite, 40 reclassements internes, 20 projets personnels, 30 longues maladies plus une dizaine de cadres « mutés ». Il reste donc une quarantaine de salariés qui demeurent dans l’incertitude. « La lutte n’est pas terminée, précise Joël Budanic. Nous restons vigilants, non seulement sur leur avenir mais également sur l’avenir de la partie du site qui n’est pas concernée par la reprise de l’activité chocolat, soit 20 des 27 hectares du site. »

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