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Dominique Gallois | Le Monde le 4 mars 2007

Airbus : Une parité franco-allemande source de crise

dimanche 4 mars 2007 par Dominique Gallois

Quand, à l’été 1999, Jean-Luc Lagardère et Jürgen Schrempp, l’un pour AerospatialeMatra l’autre pour Dasa, une filiale de son groupe DaimlerChrysler, veulent créer EADS, le dossier est bloqué par Lionel Jospin. Le premier ministre exige la présence de l’Etat au capital, ce que refusent les Allemands.

Un compromis est trouvé : l’Etat français entre au tour de table sans avoir le droit de participer à la gestion d’EADS. Il délègue ses pouvoirs au groupe Lagardère. En échange, DaimlerChrysler obtient le principe d’une fusion à égalité alors que les deux groupes ont des poids et des compétences différents. Les activités amenées par AerospatialeMatra représentent plus de 60 %, contre près de 40 % pour Dasa. L’Etat approuve également la parité des nationalités dans les postes de direction.

Une structure à trois étages est alors créée avec, au sommet, un conseil d’administration dirigé par deux coprésidents - un Français et un Allemand - représentant les actionnaires privés. En bas, des filiales opérationnelles, la principale étant Airbus. Au milieu : EADS, également dirigé par un tandem binational. La société a deux sièges. A Paris, les fonctions juridiques et stratégiques, et à Munich la communication et la finance.

"LE PRIX À PAYER"

En octobre 1999, Français et Allemands annoncent à Strasbourg la création d’EADS, qui hisse les Européens au numéro trois mondial de l’aéronautique, de la défense et de l’espace, derrière les américains Boeing et Lockheed-Martin. Le groupe est présenté comme le modèle des futures sociétés européennes. Il dispose d’un double pilotage franco-allemand, d’une répartition égalitaire des postes, en fonction de la nationalité plutôt que de la compétence, et d’un système de reporting croisé : un responsable français d’une filiale rapporte à un Allemand, et réciproquement.

Mais, dès le départ, la structure s’annonce instable et la gouvernance complexe. "C’était le prix à payer, se souvient un négociateur. A l’époque, il fallait éviter que les Allemands s’allient avec les Britanniques, ce qui aurait marginalisé notre industrie aéronautique."

Ce fonctionnement est depuis source de crise permanente et devrait conduire à une réorganisation. Si une présidence unique est souhaitée, chacun des pays la revendique.

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