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Entretien réalisé par Alain Raynal | L’Humanité du 30.11.2007

Alcan et Rio Tinto ont « dynamité » l’ex-Pechiney

samedi 1er décembre 2007 par Alain Raynal, Claude Verdier
Métallurgie . Réactions et analyse du délégué syndical CGT après la cession annoncée par Rio Tinto des branches « produits usinés » et « emballages ».

Au lendemain de l’annonce par le groupe minier anglo-australien Rio Tinto de la cession de plus des deux tiers du potentiel humain et productif de l’ancien groupe Pechiney, fleuron de l’aluminium (lire l’Humanité du 28 novembre), s’est tenue toute la journée de mardi une réunion du comité de groupe européen. Les dirigeants de Rio Tinto et d’Alcan ont répondu négativement aux demandes de garanties sur l’avenir des usines et de l’emploi. Trente sites sur 39 répartis sur seize régions françaises, ainsi que 11 000 em- -plois sont concernés. Ques- tions au délégué syndical central CGT, Claude Verdier.

Vous dénoncez très sévèrement ce que vous qualifiez de véritable dépeçage de votre entreprise. Qu’en est-il ?

Claude Verdier. Les dégâts sont considérables au regard de la cohérence que portait l’ancien groupe Pechiney. Avant d’être successivement vendu, il regroupait toute la filière aluminium : de la production d’alumine à celle de l’aluminium, à la transformation et l’emballage. L’annonce de la vente de la branche des « produits usinés » fait suite à celle annoncée pour 2008 des « emballages ». En l’espace de trois mois, les deux tiers des activités européennes du groupe sont mises à la vente. En quatre ans, depuis l’achat par le groupe Alcan puis en octobre par Rio Tinto, l’ancien groupe Pechiney a été véritablement dynamité. Alcan et Rio Tinto ont fait exploser notre groupe après avoir pillé ce qui les intéressait : les technologies de l’aluminium, les brevets… Tout cela avec l’assentiment des autorités de Bruxelles et de Paris. Pour simplifier, j’explique qu’ils se sont procurés de par le monde les meilleurs outils, les bonnes pièces, ils sont allés chercher du minerai et de l’énergie dans des pays à moindre coût, pour vendre ensuite les produits d’aluminium aux cours mondial maximum fixé par la Bourse. Ils visent à seulement réaliser les plus gros profits, tout en dégradant, depuis le rachat par Alcan, les conditions de travail et en fragilisant l’emploi.

Qu’en est-il des garanties que vous demandiez sur la pérennité des sites et de l’emploi ?

Claude Verdier. Lors de cette réunion du comité européen, ils nous ont affirmé qu’ils ne garantissaient rien dans ce sens. Ou alors, ont-ils répondu, « la seule garantie, c’est la compétitivité du groupe ». Ils nous ont également indiqué qu’Alcan avait autorisé en octobre le gouvernement français à communiquer sur les « engagements » reçus par lui lors de la cession.

Comment réagissez-vous aux propos de la ministre de l’Économie et des Finances affirmant suivre le dossier avec « une extrême vigilance » ?

Claude Verdier. Cela prê- terait à sourire s’il ne s’agissait pas de sujets aussi graves. La réponse de la ministre est d’autant plus surprenante que, jusqu’à maintenant, le ministère a refusé de nous informer sur ces « engagements » d’Alcan et sur les conditions de la cession. Nous allons reposer la question et exiger une réponse le 7 décembre prochain lors d’une entrevue au ministère.

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