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Le Figaro | MARC CHERKI. le 8 février 2007

Alcatel-Lucent : Un salarié sur six est concerné

jeudi 8 février 2007 par Marc Cherki
Les coupes claires vont toucher un salarié sur six. Des débrayages sont programmés le 15 février.

LA FRONDE s’organise chez Alcatel-Lucent pour protester contre les « licenciements », attendus par les syndicats qui se sont organisés en intersyndicale (lire nos éditions du 6 février). Les représentants du personnel ont appelé à « une grève de deux heures, le jeudi 15 février ». Chaque salarié sera concerné « soit directement parce qu’il sera licencié, soit parce que les collègues de son équipe, de son établissement seront licenciés », assure un tract de la CFDT, premier syndicat chez Alcatel-Lucent en France. Le numéro deux mondial des équipementiers en télécommunications, né le 1er décembre du mariage entre le français Alcatel et l’américain Lucent, avait annoncé en avril dernier 9 000 suppressions de postes dans le monde. Mais la facture sociale sera plus lourde.

Un dernier trimestre très décevant chez Lucent, une concurrence féroce dans la téléphonie mobile et la mise en place définitive de la nouvelle organisation expliquent cette décision.

15 % des effectifs seraient concernés

De source proche du dossier, Patricia Russo, directeur général d’Alcatel-Lucent, devrait annoncer demain de 12 000 à 13 000 suppressions d’emplois dans le monde, soit plus de 15 % des effectifs. Le groupe compte environ 80 000 salariés dans le monde, selon la direction. La CFDT avance le chiffre de 82 800 personnes, en intégrant les salariés à temps partiel.

La direction a démenti sur son site intranet être à l’origine des rumeurs faisant état de « 15 000 à 20 000 licenciements », souligne un syndicaliste. « La ficelle est un peu grosse », ajoute un délégué de la CFDT, qui dénonce une « manipulation de la direction voulant préparer les esprits à des annonces catastrophiques ». Alcatel-Lucent a décidé récemment une économie supplémentaire de 200 millions d’euros pour cette année. Ce qui se traduit, en théorie, par 2 000 réductions de postes complémentaires.

L’équation est simple : 100 000 euros correspondent à un poste supprimé. Un rapport d’experts, commandé par les syndicats, rappelle que « de 2001 à 2005, Alcatel a supprimé 40 000 emplois et dépensé près de 4 milliards d’euros en frais de restructuration ».

La répartition des départs par pays sera dévoilée la semaine prochaine. Les comités d’entreprise des filiales françaises sont convoqués, à partir de mardi, pour l’examen du « plan de sauvegarde de l’emploi ». Le 16 février, un comité de groupe rassemblera les délégués syndicaux d’Alcatel-Lucent en France. Ensuite, un comité européen sera convoqué.

De nouvelles grèves pourraient alors être décidées. Les réductions de postes, en France, seraient légèrement supérieures à 1 000 emplois. Un délégué CFE-CGC table toujours « sur une réduction de 15 % à 18 % des effectifs français », soit au moins sur 1 800 départs.

Les syndicats redoutent qu’Alcatel-Lucent ne taille dans les activités de téléphone mobile récemment achetées au canadien Nortel qui comptent 1 000 personnes dans l’Hexagone. Mais les prochaines échéances électorales pourraient obliger le groupe à réduire l’ampleur de son plan social.

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