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Article de Leanig Bredoux paru dans L’Humanité du 26 décembre 2006

Alic, sans-abri, licencié par Carrefour

mardi 26 décembre 2006 par Lénaïg Bredoux
Solidarité . Des salariés de l’hypermarché d’Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, ont fait grève pour dénoncer le licenciement de leur collègue, sans domicile fixe.

C’est pour offrir à Alic, vingt ans et sans domicile fixe, une « deuxième chance », que des salariés du Carrefour d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ont fait grève en fin de semaine dernière. Embauché par l’hypermarché depuis le mois d’avril, Alic a été licencié le 15 décembre pour « faute grave ». La direction lui reproche des « absences répétées et des retards systématiques ». « Cet employé n’a jamais respecté ses horaires et a été absent vingt-deux jours en six mois », a ainsi affirmé Éric Barbarant, le directeur du magasin.

« Je dois prendre quatre bus de nuit »

Des faits que ne conteste pas la CFDT, à l’origine d’un tract intitulé « Le miracle de Noël n’aura pas lieu ». Mais elle juge « honteux » le licenciement d’une personne sans domicile fixe. « Nous pensions qu’il aurait trois jours de mise à pied », explique Marc Zeiller, délégué du personnel, « scandalisé » que Carrefour, « 1er groupe de distribution européen, n’ait pas donné une chance à (son) collègue ». « Je lui ai envoyé quatre courriers pour l’avertir qu’il risquait une sanction et je n’ai eu aucune réponse », avance la direction de l’hypermarché. « Je dois prendre quatre bus de nuit pour venir, s’est justifié Alic, et mon chef de rayon a accepté que je vienne à 4 h 30 au lieu de 4 heures. »

jongler entre l’hôtel et les amis

Le jeune homme n’a plus de domicile fixe depuis le mois de juin dernier et le déménagement de son frère, avec qui il vivait, pour les Antilles. Or, rappelle Marc Zeiller, « il est difficile de trouver un logement quand on gagne un peu moins de 1 000 euros net par mois ». Depuis, Alic jongle entre les nuits à l’hôtel et les dépannages des amis.

Dimanche et après deux jours de grève, les salariés ont finalement décidé de reprendre leurs postes : « Le 24 décembre, ils sont payés le triple. Après deux jours de perte de salaire, ils ont repris », explique le délégué du personnel, qui demande la réintégration d’Alic. La direction s’est simplement engagée à prendre rendez-vous pour l’ancien employé auprès de l’ANPE et d’une agence d’intérim ainsi qu’à soutenir sa demande de Loca-pass.

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