Liste des auteurs

Cécile Calla | Le Monde le 11.01.2008

Allemagne : débat sur le pouvoir d’achat outre-Rhin

vendredi 11 janvier 2008 par Cécile Calla

A l’occasion de l’ouverture des négociations salariales dans la fonction publique allemande jeudi 10 janvier, le Parti social-démocrate allemand (SPD) et les unions chrétiennes CDU-CSU, réunis au sein du gouvernement allemand de grande coalition, ont relancé le débat sur le pouvoir d’achat.

Dans la perspective des élections régionales le 27 janvier en Basse-Saxe et en Hesse ainsi que le 24 février à Hambourg, les deux partis veulent marquer des points sur ce terrain. Beaucoup d’Allemands ont le sentiment de ne pas profiter du retour de la croissance depuis 2006. Ces derniers jours, des membres sociaux démocrates du gouvernement sont sortis de leur réserve pour réclamer de fortes augmentations de salaire. "Le temps est venu pour d’honorables augmentations de salaires", a déclaré le ministre du travail Olaf Scholz (SPD) dimanche 6 janvier. Cette position a été reprise dans un document adopté par la direction du SPD lundi 7 janvier. Selon les sociaux-démocrates, les salariés sont en droit d’attendre une meilleure rémunération car "ils ont permis la relance en faisant preuve de retenue sur les revendications salariales pendant plusieurs années". Les calculs établis par le ministère des finances montrent que le salaire net moyen des Allemands se situe aujourd’hui en dessous du niveau de 1991.

La position du SPD ne peut que ravir les syndicats qui veulent cette année en finir avec la modestie à l’instar de Ver. di et de la fédération des fonctionnaires allemands (DBB) qui défendent les intérêts des employés du service public et des fonctionnaires. Les deux syndicats réclament 8 % de hausse de salaire ou au moins 200 euros supplémentaires par mois et évoquent déjà un mouvement social pour imposer leurs exigences. Les revendications d’autres branches vont dans le même sens. Le syndicat du secteur de la chimie et de l’énergie dont les négociations collectives débutent fin février, évoque une augmentation des salaires de jusqu’à 7 %. Quant à IG Metall, il demande plus 8 % pour les salariés des aciéries.

RÉDUCTION D’IMPÔTS

Sceptique face à ces exigences, la chancelière Angela Merkel (CDU) ne peut pas malgré tout, ignorer les attentes de la population. "Là où se trouvent des marges de manoeuvres, les salariés doivent bien sûr profiter d’une augmentation des revenus", déclarait t-elle au tabloïd Bild am Sonntag, le 6 janvier.

Les membres de la CDU-CSU préfèrent recourir à des baisses d’impôts pour faire remonter les revenus. Le ministre de l’économie Michael Glos (CSU) a évoqué une réduction d’impôt notamment pour les tranches d’impositions inférieures. La direction de la CDU souhaite, présenter au début de l’année 2009 un concept fiscal avec des taux d’imposition plus bas. Le SPD refuse de parler de réductions d’impôts tant que l’état fédéral n’aura pas présenté des comptes à l’équilibre, c’est-à-dire d’ici à 2011. Sur ce point, la chancelière partage l’avis de son ministre fédéral des finances Peer Steinbrück (SPD). "Les propositions du SPD et de la CDU-CSU ne sont pas à prendre au sérieux en cette période de campagne électorale, car elles ne permettent pas de savoir comment la perte des recettes fiscales dans un cas ou l’augmentation des dépenses dans l’autre, sera compensée", résume Stefan Kooths, expert auprès de l’institut berlinois de recherches économiques (DIW).

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !