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Un article de Paule Masson paru dans l’Humanité du 31 mai 2005

Après le Référendum : Les syndicats organisent la pression

mardi 31 mai 2005 par Paule Masson
Mouvement social. Les syndicats, divisés pendant la campagne, réclament tous aujourd’hui des réponses concrètes au malaise social. Et envisagent des mobilisations qui rassembleraient l’ensemble des salariés.

Maintenant, le gouvernement, quel qu’il soit, ne peut plus temporiser. Il doit répondre au malaise social, et rapidement. Tel est, en substance, le principal message des syndicats à l’issue du référendum. Pour eux, les inquiétudes sur les délocalisations, les demandes de protection face au dumping social ou la défense des services publics ont joué un rôle majeur dans le vote des Français. Les salariés ont massivement rejeté la constitution, jusqu’à 80 % pour les ouvriers selon les études sorties des urnes. Les plus fragilisés, intérimaires ou titulaires d’un contrat à durée déterminé, ont fait de même. L’engagement des syndiqués a largement contribué à la victoire du « non ». Qu’ils aient été favorables au soutien ou partisan d’un rejet, les syndicats sont attendus. Jeudi dernier, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, prévenait déjà que le mouvement syndical était « face à d’énormes responsabilités ». Le Bureau confédéral l’a d’autant plus confirmé hier après-midi que « les salariés ressentent le résultat comme un point d’appui », explique Francine Blanche, secrétaire confédérale. Dans un mois de juin qui s’annonce lourd de rendez-vous sociaux la CGT espère du gouvernement un « changer de cap » en renonçant à réformer le code du travail, à remettre en cause le droit de grève, à relancer les privatisations. Dans ce cadre, la CGT a mis sur la table hier deux propositions : la convocation dans les prochains jours d’une « grande négociation sociale » entre le gouvernement, les syndicats et le patronat, et une « rencontre rapide » entre les organisations syndicales pour engager les actions nécessaires dans l’unité.

Jean-Claude Mailly a prévenu de son côté : « ou nous arrivons à négocier ou des actions de mécontentement surgiront ». Le secrétaire général de FO a exigé d’être reçu « très rapidement » par le gouvernement car il juge « indispensable de répondre au malaise social ». FO n’a pas émis de consigne de vote mais n’a cessé de réclamer une réorientation de la construction européenne. François Chérèque, qui considérait au contraire que le « oui » favorisait l’Europe sociale, n’en a pas moins hier appelé à « un sursaut dans le secteur social ». Partisane aussi d’un soutien syndical au traité, l’UNSA a appelé les organisations syndicales à créer « ensemble un rapport de force conséquent pour qu’enfin le social devienne la priorité gouvernementale ».

Les syndicats partisans d’un rejet du traité se « félicitent », comme Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, « d’un résultat qui provient d’un grand débat citoyen mené en rapport avec les luttes que nous avons développé. » Réunie hier après-midi, la direction de la fédération enseignante, devait insister sur la double responsabilité du mouvement syndical : se rassembler en France pour exiger un changement de politique concernant les salaires, la protection sociale et l’éducation et mener des batailles à l’échelle européenne sur les services publics, les droits sociaux et le budget européen. « Si le président de la République ne change par radicalement les orientations, il nous faudra relancer les luttes », insiste Gérard Aschieri. Une appréciation, portée aussi par Solidaires, qui considère le résultat du scrutin comme « une victoire historique contre le néolibéralisme » et que « ce « non » est un encouragement à amplifier les mobilisations unitaires engagées ces derniers mois contre la politique gouvernementale ».

Beaucoup de syndicalistes s’approprient cette victoire comme celle du mouvement social, dans la continuité des mouvements sur les salaires (5 février, 10 mars) ou de la fronde contre le travail gratuit du lundi de Pentecôte. Pour la CGT et la FSU de Seine-Saint-Denis qui ont initié un appel à exprimer un « non syndical », la suite de la bataille se passe aussi à l’échelle du continent. Ils proposent par exemple la tenue d’une « conférence syndicale européenne pour construire une véritable charte des droits fondamentaux non entravée par la loi du marché et de la concurrence ».

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