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Le Monde | Jean-Michel Bezat le 09.02.07.

Après le russe Gazprom, la Sonatrach algérienne va distribuer son gaz en France et en Espagne

vendredi 9 février 2007 par Jean-Michel Bezat

Les compagnies nationales des pays producteurs de gaz, comme la Russie et l’Algérie, ont désormais une nouvelle règle d’or : suivre leur gaz jusqu’au client final en ouvrant des filiales en Europe afin de prendre une part des juteux bénéfices de la distribution et de sécuriser leurs débouchés. Après le groupe russe Gazprom, la société algérienne Sonatrach s’est engagée dans cette voie pour profiter à plein de l’ouverture des marchés européens de l’énergie.

Le ministre algérien de l’énergie et des mines a annoncé, mercredi 7 février, à Madrid, la création prochaine de filiales en France et en Espagne. Chakib Khelil a précisé que la succursale française ouvrira "dans quelques mois". Jusqu’à présent, la Sonatrach vendait son gaz à de grands fournisseurs, comme Gaz de France (GDF), dans le cadre de contrats à long terme. Ces derniers demeureront, même s’ils rapportent moins que les contrats signés directement avec des consommateurs comme les industriels.

Aussi l’Algérie veut-elle capter "une part de la rente générée dans le segment distribution", a reconnu M. Khelil. Comme l’a fait Gazprom, qui a ouvert une filiale à Paris fin 2006 avec l’objectif de détenir à terme 10 % du marché. Il a précisé que la Sonatrach espère ainsi "avoir une vision claire du marché" qui s’ouvre en Europe, où "elle peut être le commercialisateur le plus compétitif". La Sonatrach entend aussi "participer aux travaux d’infrastructures" sur le Vieux Continent (stockage, gazoducs, terminaux...), a récemment précisé le ministre algérien des affaires étrangères.

M. Khelil ne veut pas pour autant effaroucher ses clients traditionnels. Notamment GDF, dont 18 % des approvisionnements proviennent d’Algérie, son troisième fournisseur après la Norvège (30 %) et la Russie (23 %). "Nous ne pensons pas que nous allons devenir un grand acteur de la distribution", a-t-il voulu rassurer. Avec la baisse amorcée de la production en mer du Nord, la Russie, l’Iran, le Qatar et l’Algérie (huitièmes réserves mondiales) sont désormais en position de force. La dépendance de l’Europe aux importations de gaz va inexorablement augmenter, passant de 50 % aujourd’hui à plus de 80 % en 2030, notamment pour alimenter les nombreuses centrales électriques fonctionnant au gaz.

Dans ce contexte, Alger a donné un coup d’arrêt à la libéralisation du secteur des hydrocarbures en 2006. La Sonatrach a renforcé sa part dans les grands projets gaziers. Elle affiche sa volonté de diversifier son portefeuille de clients, en vendant dans le monde entier grâce au développement du gaz naturel liquéfié (GNL). Le volume des échanges du GNL devrait croître de 6 % par an dans les vingt-cinq ans à venir.

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