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Un article paru dans L’Humanité du 23 mars 2006

Avant le 28 Mars...paroles de syndicalistes

jeudi 23 mars 2006

« Ça monte fort pour le 28 » Mireille Chessa est secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

« Villepin se veut droit dans ses bottes depuis le début de la crise du CPE et ne veut écouter personne. Cette attitude à la Thatcher ne peut conduire qu’à une radicalisation du mouvement social. Le champ revendicatif va s’élargir au-delà du CPE. Les mécontentements s’accumulent sur de nombreux sujets. Depuis 2003, ces gouvernements multiplient les passages en force, les comportements rigides et antidémocratiques. Le mouvement contre le CPE réunit toutes les générations, avec des salariés qui s’inquiètent pour leurs enfants, mais aussi pour eux. Ces convergences dans les luttes vont de nouveau se montrer dans les manifestations d’aujourd’hui et surtout le 28 mars. Ça monte fort pour cette manifestation. Les premiers préavis sont tombés dès mardi matin, et ça touche le privé. Le 28 sera une très grosse journée, dont il faudra vite analyser les résultats et en tirer des conclusions de manière unitaire. Les organisations syndicales liront également aujourd’hui à Marseille un texte sur la répression dont a été victime notre camarade de Sud dans le coma et sur les incidents qui émaillent les manifestations. Le gouvernement prend des risques avec son attitude. »

Propos recueillis par Marc Leras

« L’inflexibilité renforce la mobilisation » Bernard Boisseau est secrétaire général du SNES.

« La mobilisation dans les lycées est forcément ce qui nous a le plus occupés lors de notre commission administrative de ce matin (mercredi - NDLR). On sent qu’elle et de plus en plus forte : un lycée sur quatre suit le mouvement. Les enseignants participent à des débats et des discussions avec les lycéens. Nous avons notre rôle à jouer : le poids de notre parole, notamment pour éviter les débordements, est important. C’est pourquoi le SNES est en désaccord avec les chefs d’établissement qui nient le droit des lycéens à la grève. Notre première responsabilité est de discuter avec les élèves, pas de les empêcher de s’exprimer. De les accompagner aussi dans les manifs, dans les services d’ordre, pour éviter les débordements.

La voie qu’a choisie le premier ministre est à cet égard dangereuse. En opposant une fin de non-recevoir de manière aussi brutale, il prend le risque de nouvelles violences. En laissant la situation pourrir, il veut retourner l’opinion publique, mais l’exemple de Juppé en 1995 montre que l’inflexibilité du pouvoir renforce la mobilisation. Si le 28, il faut faire le maximum, le rendez-vous le plus important pour nous, c’est aujourd’hui. On n’a pas lancé d’appel national à la grève, mais déjà plusieurs académies, Créteil, Nantes, Bordeaux, Caen, etc. sont en mouvement. »

Propos recueillis par Grégory Marin

« Une attitude qui peut coûter cher » Véronique Grimaud est responsable du service communication de la Fédération FO Com.

« Monsieur de Villepin serait bien avisé de revoir sa copie car pour l’instant il fait preuve d’intransigeance. Une telle attitude risque de coûter fort cher à terme. Les jeunes n’ont pas l’intention de s’arrêter là, ils ne veulent pas d’une révision du CPE mais tout simplement son abrogation. Pour notre part, bien entendu, nous appelons à la grève générale le 28 mars. À FO, nous considérons que ce contrat confine les jeunes à la précarité. Il y a par ailleurs déjà eu des prémisses de remise en cause du Code du travail. Par exemple, les jeunes de moins de 26 ans sont déjà interdits de siéger aux comités d’entreprise (CE). Le gouvernement, une nouvelle fois, s’en prend aux jeunes qu’il pensait plus fragiles. Les étudiants, et maintenant de plus en plus les lycéens, démontrent qu’ils sont fortement impliqués et leur mobilisation est un vrai succès. À force de taxer la jeunesse d’apathie, cela se retourne contre le gouvernement. Nous soutenons à FO la mobilisation d’aujourd’hui avant de participer à celle du 28. Le gouvernement entame la même guerre d’usure que lors du mouvement des retraites mais là, les jeunes sont dans la rue et ça change la donne. Un pays qui se met sa jeunesse à dos est un pays qui n’a pas d’avenir. »

Propos recueillis par Sébastien Ganet

« nous sommes prêts à durcir le mouvement » François Pelegrina, coordinateur syndical central CFDT de Total.

« Le premier ministre ne prend pas la mesure de l’ampleur du mouvement et du risque qu’il fait prendre à tous les Français puisque, aujourd’hui, nous sommes dans une situation de fin de non-recevoir. Ce qui met en colère très fortement toute la CFDT, c’est que ce CPE n’a pas fait l’objet, au préalable, de discussions avec les organisations syndicales. Alors, inviter maintenant au dialogue social, c’est vraiment se moquer de nous. Il n’y a qu’une seule solution : il faut qu’il retire son projet. Tant qu’il ne retirera pas le CPE, on ne se mettra pas autour d’une table pour discuter.

Jusqu’à présent il y a eu des manifestations et une montée en puissance. Pour la journée du 28, nous sommes bien calés sur l’appel interprofessionnel qui est unitaire et sans faille. Et si après le 28 le gouvernement persiste et que l’intersyndicale au niveau interprofessionnel nous le demande, nous sommes prêts à durcir le mouvement. Les salariés ne comprennent pas l’entêtement du gouvernement et ils prennent les déclarations du premier ministre comme de véritables provocations. Tout ce qui est emploi et avenir des jeunes touche tous les salariés de Total. »

Propos recueillis par J. S.

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