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Grégoire BISEAU, DéVRY Thomas , Michel TEMMAN | Libération le 28 mai 2007

Avant le G8, les Etats-Unis jettent un froid sur le sommet

lundi 28 mai 2007 par Grégoire BISEAU, Michel TEMMAN, Thomas Devry
Décryptage. Climat. Washington s’oppose à tout engagement antiréchauffement.

Le travail de sape des Américains est en train de payer. A dix jours du sommet du G8 en Allemagne, les Etats-Unis sont plus que jamais décidés à ne pas parler réchauffement climatique. Portée par sa double présidence (celle de l’Union européenne et des huit pays les plus industrialisés), Angela Merkel, la chancelière allemande, comptait pourtant lancer, à Heiligendamn, « un signal fort » sur l’urgence climatique. Avec le secret espoir de faire bouger les positions de l’administration Bush. Mais ce week-end, le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel, a cru bon de faire part de ses états d’âme, reconnaissant que « les négociations vont être plus que difficiles » . « Les Américains ne semblent pas prêts jusqu’ici à

Rideau. Depuis plus de quinze jours, les deux pays se disputent chaque mot d’un projet de déclaration commune à l’ensemble des pays du G8, qui aurait fixé comme objectif la réduction de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre en 2050, comparé à 1990. Les Etats-Unis se sont efforcés à gommer dans ce texte toutes références un tant soit peu contraignantes pour son industrie. « Les Etats-Unis ont toujours de sérieuses inquiétudes de fond à propos de ce projet de déclaration », écrivent les négociateurs américains en préambule d’un document non daté que Greenpeace date du 14 mai. « Le passage sur le changement climatique va à l’encontre de notre position générale et franchit de multiples "lignes rouges", sur des points que nous ne pouvons tout simplement pas approuver » , ajoute ce texte, proposant une version amendée de la déclaration. L’objectif d’une réduction de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre en 2050 a été carrément rayé par les Américains. Deux autres points les ont fait monter au rideau : la mention d’une limite au réchauffement climatique de 2° C et le fait que la lutte contre le réchauffement « n’est pas un choix mais un impératif ». Il y a une semaine, le principal négociateur américain sur les questions climatiques, Harlan Watson, avait mis les pieds dans le plat en avouant que « les objectifs et un calendrier ne sont pas importants, pas plus qu’une limitation globale sur les émissions. Par contre, il est important de ne pas compromettre la croissance économique [ américaine] » .

Divergences. Le 18 mai, dans une lettre à George Bush, les quinze présidents de commission (démocrates) de la Chambre des représentants ont tenté le tout pour le tout : « Nous vous écrivons pour vous demander de changer de cap et de renforcer la déclaration du G8. Les Etats-unis ne doivent plus retarder les actions visant à s’attaquer à cette menace majeure. » En vain. Samedi, la Maison Blanche a tenté de minimiser les divergences entre les Etats-Unis et ses partenaires du G8 . « Il y a beaucoup de façons différentes d’approcher le changement climatique , a déclaré Dana Perino, porte-parole adjointe de la Maison Blanche. Et en aucune façon, il y a déjà un document final », prêt à être diffusé lors du sommet du G8. Merkel appréciera.


Tokyo pour un successeur de Kyoto

Dans sa bataille contre les Etats-Unis, l’Allemagne peut compter sur le Japon. Jeudi, à Tokyo, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a annoncé une nouvelle initiative globale pour combattre le réchauffement climatique appelée Utsukushii hoshi 50 (littéralement « Belle Planète 50 »), ou « Cool Earth 50 » (« Planète fraîche 50 »). Assurant que les preuves du réchauffement étaient irréfutables, Abe a estimé que « le moment est venu d’agir ». L’objectif du Japon, a-t-il rappelé, est double : réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre dans le monde d’ici à 2050 pour aboutir à une « société sans carbone ou presque » ; et donner une suite au protocole de Kyoto qui expire en 2012. Mais à deux mois d’un scrutin sénatorial, l’objectif du Premier ministre pourrait aussi être électoral. Sa formation, le parti libéral démocrate (PLD), au pouvoir, a fait du réchauffement un outil de campagne...


Varsovie s’étouffe sur son quota de CO2

Après la Slovénie et la République tchèque, au tour de la Pologne. Vendredi, Varsovie a annoncé vouloir déposer un recours devant la Cour européenne de justice contre le quota d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) alloué à ses industries par la Commission européenne pour la période 2008-2012. Dans ses négociations avec Bruxelles, la Pologne avait réclamé un plafond annuel de 284,6 millions de tonnes de CO2... pour en obtenir finalement 208,5 millions, - 26,7 % qui ont mis Varsovie en pétard. « L’année de base choisie [2005, ndlr] a été chaude, donc peu consommatrice d’énergie. Ensuite, il était prévu une croissance de 4,7 %, or nous sommes arrivés à plus de 7 %», a plaidé le ministre polonais de l’Environnement.

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