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Frédéric Lemaître | Le Monde le 9 mars 2007

Avec ou sans Gaz de France, Suez se dit optimiste et multiplie les investissements

vendredi 9 mars 2007 par Frédéric Lemaître

Chiffre d’affaires records, résultats records, perspective d’investissement record... si ce n’était ce maudit projet de fusion avec Gaz de France (GDF) encalminé dans les méandres juridico-politiques, Gérard Mestrallet, PDG de Suez, n’aurait que des motifs de satisfaction. Jeudi 8 mars, il a présenté des résultats 2006 en nette hausse par rapport à ceux de 2005.

En 2006, le chiffre d’affaires de Suez a atteint 44,3 milliards d’euros (+ 11,3 %), et son résultat opérationnel courant s’est élevé à 4,5 milliards d’euros (+ 15,9 %). "Nous avons des résultats meilleurs qu’espéré. Toutes les branches y ont contribué. Aucune ne pose de souci particulier et nous sommes très confiants pour 2007", déclare M. Mestrallet au Monde.

Dans l’environnement, qui a connu des déboires ces dernières années les contraignant notamment à se retirer d’Argentine et des Philippines, "le nettoyage a été fait et la croissance du secteur montre maintenant le vrai potentiel de cette activité".

En 2007, M. Mestrallet prévoit pour le groupe une croissance du résultat opérationnel courant supérieure à 15 %. Pour Suez Environnement, il attend une croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires de + 6 % à + 10 % entre 2007 et 2009.

Plus que jamais, M. Mestrallet estime justifié son choix de maintenir dans un groupe intégré deux métiers que certains voudraient dissocier, l’énergie et l’environnement. "Les deux sont indissociables. Les réflexions actuelles sur le climat le prouvent. Hier c’était l’énergie qui imposait sa loi à l’environnement. Aujourd’hui, c’est l’inverse", analyse-t-il.

Fort de ces résultats et d’un endettement réduit à 10,4 milliards d’euros (contre 13,8 milliards fin 2005), le conseil d’administration a fixé des objectifs d’investissements ambitieux. Alors que Suez a investi 10 milliards d’euros de 2004 à 2006 (hors acquisitions), ce montant va être porté à 15 milliards de 2007 à 2009. Dans l’énergie, le groupe, qui dispose d’une capacité installée de 52 000 MW, veut la porter à 75 000 MW en 2012. Aujourd’hui, Suez est le troisième producteur énergétique européen, derrière EDF et l’allemand E.ON. Le groupe entend "participer au renouveau du nucléaire dans le monde".

Le conseil d’administration a également pris une décision d’apparence technique mais qui peut se révéler stratégique : la fusion des deux filiales belges. Tractebel (spécialisée dans le commerce gazier et la production d’électricité ailleurs qu’en Europe) va être rachetée à Suez par Electrabel, qui gère les activités électriques européennes du groupe. Pour ce faire, Electrabel va s’endetter et payer entre 15 et 20 milliards d’euros à la maison mère.

DIVIDENDE EN HAUSSE

Que va faire Suez de cette manne ? Pour le quotidien belge Le Soir du 7 mars, qui a révélé cette information, le groupe pourrait être tenté de lancer une offre publique d’achat (OPA) sur l’espagnol Gas Natural. M. Mestrallet fait remarquer qu’aucune OPA hostile n’a réussi ces dernières années dans l’énergie en Europe. Surtout, sa priorité, c’est la fusion avec Gaz de France : "La plus belle, la plus logique, la plus puissante des opérations stratégiques en Europe", martèle-t-il. Les calculs sont faciles à faire : les profits des deux groupes (4,6 milliards d’euros pour Suez, 2,2 milliards attendus pour GDF) et le milliard de synergies attendues donneraient au groupe une force de frappe sans équivalent. Néanmoins, "nous sommes tout à fait sereins. Même seuls, nous ne sommes pas immobiles et nous avons d’excellents résultats", constate M. Mestrallet.

Celui-ci en fera profiter ses actionnaires, qui percevront un dividende en hausse de 20 % (à 1,20 euro par action). "Depuis trois ans, nous avons versé 3,6 milliards d’euros à nos actionnaires, qui nous ont apporté 3,4 milliards d’augmentation de capital. Dans le même temps, les salariés ont reçu 23 milliards d’euros de rémunérations et nous avons investi 21,5 milliards, dont le rachat d’Electrabel en 2005." Le groupe embauche 20 000 personnes par an, dont 9 000 en France, ce qui correspond à 1 000 créations nettes d’emplois.

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