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Un article de Paule Masson paru dans L’Humanité du 25 avril 2006

Bernard Thibault a incité à engranger d’autres victoires

mardi 25 avril 2006 par Paule Masson
CGT . Dans son introduction hier après-midi, le secrétaire général de la première confédération syndicale a incité les délégués à ne pas laisser le terrain des réformes aux libéraux et au MEDEF.

« Nous venons de faire la peau du CPE, nous devons obtenir celle du CNE. » Les deux contrats de travail sont siamois. Ils cumulent les mêmes « tares » : mise à l’essai des salariés pendant deux ans et autorisation de licencier sans motif. L’un est tombé. L’autre est appliqué dans les entreprises de moins de vingt personnes, mais garde contre lui toutes les organisations syndicales. En ouvrant les travaux du 48e congrès de la CGT hier après-midi, Bernard Thibault a appelé les militants à réitérer la démonstration. « Je propose que dans les tout prochains jours, tous les syndicats se concertent avec, pour cible, le contrat nouvelle embauche », qui pourrait être au coeur des manifestations du 1er mai. Le secrétaire général attribut ce « formidable succès », à « la mise en oeuvre de notre démarche ».

Le ton se veut rassurant. En introduction, Bernard Thibault rappelle que la « cohésion et la convergence revendicative des salariés », le progrès social, forment le ciment de la CGT depuis ses origines. En conclusion, il prévient : « Ceux qui voudraient que la CGT s’accommode d’un capitalisme triomphant et destructeur peuvent attendre longtemps. »

Entre les deux, la démonstration alimente une idée fixe : confirmer la stratégie validée depuis trois congrès, et même, « généraliser sa mise en oeuvre » afin d’être à « la hauteur de ce que les salariés attendent de nous ». Elle repose sur quatre piliers : consulter en permanence les salariés, rechercher l’unité d’action quelles que soient les difficultés, articuler au quotidien la contestation, la mobilisation, la négociation, la formulation de propositions et confirmer l’implication syndicale au niveau européen et mondial, même si, reconnaît le secrétaire général, la contribution de la CGT sur la constitution européenne a « provoqué une secousse » que la direction confédérale « a su analyser ».

Sur cette base, Bernard Thibault avance un peu plus sur le terrain, glissant dans la centrale, de la promotion de la réforme, incitant à ne pas laisser l’idée de changement au MEDEF et aux libéraux. « Nous voulons des réformes, et vite, mais nous ne voulons pas des vôtres ! », a-t-il lancé, fustigeant le sens de la rupture que tente d’incarner Nicolas Sarkozy.

Il préconise donc, avec ces assises, de franchir une étape, de passer d’un syndicalisme défensif à un syndicalisme offensif, capable de donner le là du contenu des réformes, par exemple sur l’emploi, sa sécurisation, sa stabilité, les garanties qui entourent une carrière professionnelle, etc. Par exemple, sur la démocratie sociale, qui doit en toute situation être conditionnée à ce que décident et souhaitent les salariés. La CGT devrait, dans le cadre de la prochaine élection présidentielle, alerter les candidats sur la question.

« La confiance doit désormais changer de camp. Il est revenu urgent et réaliste de passer de la résistance à l’offensive libérale à la libération de notre potentiel syndical », a-t-il préconisé.

Potentiel syndical et de syndicalisation « plus important que ce que nous l’estimons nous-mêmes », a-t-il assuré, incitant à ne pas lâcher le cap du million d’adhérents et indiquant aux délégués qu’il y aurait 100 000 syndiqués (sur 711 000) qui ne « disposent pas d’un syndicat CGT digne de ce nom ». Or ce n’est pas aux salariés de s’adapter à la CGT mais le contraire, a-t-il encore insisté. Le congrès inaugure un processus de réforme de ses structures (organisations territoriales et professionnelles) qui devrait prendre plusieurs années de réflexion. Celle des cotisations est engagée depuis sept ans. Le secrétaire général de la CGT n’écarte pas un « possible statuquo ». Il a donc sorti l’artillerie lourde pour convaincre les délégués d’entériner le nouveau système de répartition, « reflet de la conception que les syndicats ont de leur appartenance à une même confédération ».

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