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Un article de Rémi Barroux paru dans Le Monde du 25 janvier 2006

Bernard Thibault joue le consensus en vue du prochain congrès de la CGT

mercredi 25 janvier 2006 par Rémi Barroux

Optimiste sur l’issue du 48e congrès de la CGT - qui se tiendra à Lille, du 24 au 28 avril-, son secrétaire général, Bernard Thibault, en a présenté les enjeux, lundi 23 janvier. L’actuel numéro un devrait, sans grande surprise, être réélu pour un troisième mandat à la tête de la CGT.

Lors du vote au comité confédéral national, le 8 décembre 2005, sa candidature a reçu le soutien quasi unanime des 110 syndicats représentés, à l’exception de 6 "non-participation au vote". Cette instance - qui représente toutes les organisations professionnelles et territoriales - avait pourtant mis en minorité M. Thibault, lors du débat sur le traité européen, en février 2005, en réclamant à 63 % que la CGT appelle à voter non au référendum du 29 mai. Aujourd’hui, le numéro un relativise ce revers et justifie a posteriori la prise de position de son syndicat sur un référendum qui, selon lui, "n’est pas de même nature qu’une élection politique".

Car - M. Thibault reste formel - "il n’est pas question que son organisation participe d’une façon ou d’une autre à une coalition politique, à l’élaboration ou au soutien du programme d’un quelconque parti". Ainsi que le rapport d’orientation du 48e congrès le stipule. Mais ce même texte indique qu’il est nécessaire que la CGT "participe au mouvement de transformation de la société et qu’elle contribue à ce que de véritables alternatives politiques soient au coeur du débat public".

Dans le document d’orientation, adopté, le 5 janvier, par la commission exécutive - la direction "politique" de cinquante membres -, à l’unanimité moins une voix contre, la direction semble donc avoir fait le choix de ne froisser aucune des sensibilités de sa base. "L’alternative politique, c’est historique dans la CGT, mais nous l’avons enrichie par la notion d’indépendance", explique ainsi Alain Guinot, secrétaire confédéral.

Autre signe de cet oecuménisme : après s’être déplacée au congrès du PS en novembre 2005, la CGT s’est rendue à celui de la LCR, les 19 et 20 janvier. Thierry Dumez, secrétaire général de l’union départementale de la Seine-Saint-Denis, chaud partisan du non au référendum, y a représenté la confédération, une première pour l’organisation d’extrême gauche.

Pour autant, M. Thibault sait que la quasi-unanimité d’avant-congrès ne reflète pas les débats et les tensions internes. Dans les prochaines semaines, les syndicats vont ainsi discuter des textes préparatoires au congrès et, notamment, de la problématique unitaire et du concept de "syndicalisme rassemblé" défendu par la direction confédérale. "L’unité entre les syndicats est difficile à construire, et une partie des militants doute des moyens d’y parvenir", a expliqué au Monde M. Thibault.

Le syndicat devra aussi adopter la réforme du système de cotisations pour donner aux structures interprofessionnelles les moyens de se développer. En visant les salariés des petites entreprises du secteur privé, la CGT espère atteindre l’objectif du million de syndiqués, sachant qu’elle annonce aujourd’hui quelque 709 000 adhérents, dont près de 20 % de retraités.

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