Liste des auteurs

un article de Pierre Avril paru dans Le Figaro du 09 décembre 2005

Blocage en Europe sur la durée du travail

vendredi 9 décembre 2005 par Pierre Avril
Emploi Les pays butent sur le principe de la disparition des dérogations au plafond hebdomadaire légal de 48 heures.

LES MINISTRES européens de l’Emploi ont échoué hier à trouver un accord sur le temps de travail, un débat dans lequel les Vingt-Cinq, divisés sur l’orientation sociale que doit prendre l’Europe élargie, sont englués depuis des mois. L’un des principaux objectifs de la révision législative en cours est de remettre en question les dérogations individuelles au plafond hebdomadaire légal de 48 heures, dont bénéficient plusieurs pays. Cette facilité, baptisée « opt out » par les eurocrates, est largement exploitée par le Royaume-Uni, au nom de la liberté de choix des salariés. Appuyé par les États membres de la Nouvelle Europe, ainsi que par l’Allemagne et l’Autriche, Londres défend farouchement ce privilège. Et ceci, contre l’avis d’un clan « réformiste », emmené par la France et la Suède, qui souhaite au contraire l’abolir, au nom de la protection des travailleurs, tout en étant prêt à accepter une période de transition, de plusieurs années.

Ironie du calendrier communautaire, c’est justement la Grande-Bretagne, présidente en exercice de l’Union européenne, qui était chargée de jouer les médiateurs. Sans redouter la schizophrénie, Londres avait présenté en fin de journée un nouveau projet de compromis à ses partenaires, qui n’a pas rencontré plus de succès. Selon la présidence britannique, l’opt out ne doit pas constituer une « règle », et cette libéralité « devrait être amenée à se réduire au fil du temps ».

Exigence d’une date

Mais cette formulation a été jugée trop « vague » par le clan des pays « réformistes ». « La question de sa suppression est renvoyée aux calendes grecques », a regretté le ministre français du Travail, Gérard Larcher. « Nous voulons que soit fixée une date pour sa disparition », a renchéri son homologue espagnol.

Mis à part l’opposition qu’elle a suscité côté français, une seconde disposition recueillait davantage de consensus. Elle consiste à encadrer la durée de travail réelle des salariés déjà contraints d’accepter l’opt out. Celle-ci serait alors de 65 heures hebdomadaires. Il reviendra désormais à la prochaine présidence autrichienne de l’UE de poursuivre les débats. Sachant que, plus le temps passe, plus il sera difficile d’abroger ces dérogations si chères aux Britanniques.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !