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Un tract de la FNME CGT daté du 12 juin 2006

CIRELLI ET VILLEPIN VONT-ILS PARVENIR À LIQUIDER GAZ DE FRANCE ?

lundi 12 juin 2006 par FNME-CGT

Telle est la question que se pose, légitimement, l’immense majorité du personnel opposée à cette folle destinée. La propagande outrancière pour tenter de rassurer le personnel est à la hauteur de la dégradation considérable de l’adhésion du personnel d’encadrement à la stratégie de la direction de l’entreprise. Une stratégie dont le mensonge est le fil rouge car c’est bien la disparition de Gaz de France qui est, in fine, dans ce projet de fusion quelque soit l’habillage juridique.

Une très belle affaire pour SUEZ

Faut-il rappeler que Suez est avant tout une banque qui, après de nombreux déboires, a décidé de se repositionner dans l’environnement, puis dans l’énergie. Ainsi, SUEZ a fusionné avec la Lyonnaise des Eaux en 1997, puis Electrabel et la CNR début 2000 et tente depuis 2001 de conquérir Gaz de France à condition qu’il soit privatisé. Alors que SUEZ est caractérisé par un fort endettement, la fusion lui permet d’obtenir avec Gaz de France, 12 millions de clients et la possibilité de réduire considérablement sa dette. En d’autres termes, après s’être accaparé la rente de l’eau en France, elle accéderait à la rente du gaz.

Un non-sens industriel

La direction de Gaz de France et le gouvernement, jusqu’à CHIRAC, font valoir le « super projet industriel » que constitue le rapprochement entre l’électricien belge et le gazier français. En fait, c’est un non-sens industriel puisqu’il s’agit de casser toutes les synergies existantes depuis 60 ans entre EDF et Gaz de France notamment la distribution commune, pour créer un opérateur en concurrence frontale avec EDF.

Un big bang énergétique européen

Les contre parties annoncées en Belgique et en France peuvent aller jusqu’à la cession de la propriété des réseaux et la fin du monopole de concession. Elles vont être l’occasion pour la Commission Européenne de lancer un grand marchandage qui va permettre d’accélérer le processus de destruction des opérateurs historiques intégrés, favorisant le développement d’opérateurs privés transnationaux (par vente des actifs).

L’outil industriel détruit

Alors qu’hier la réussite de Gaz de France tenait dans la maîtrise technique de l’activité gazière dans une entreprise intégrée, aujourd’hui, la sous-traitance exacerbée détruit toutes les capacités industrielles, tout le savoir-faire. Les cabinets de consultants, les banques d’affaires dirigent l’entreprise. L’entreprise est en train de perdre sa propre réflexion pour s’aligner par mimétisme au « modèle véhiculé par les groupes financiers » avec, pour objectif, la seule satisfaction des actionnaires. Cette orientation a conduit à des surcoûts qui sont de l’ordre de 40 % depuis 1999.

La gestion de l’entreprise sanctionnée par la population

Selon le dernier sondage d’opinions, Ipsos mars 2006, l’image de Gaz de France a dégringolé en quelques mois, passant de la tête du peloton des entreprises préférées des français, à la 27ème place sur 30. Ce sondage confirme la détérioration constatée de l’indice interne de la satisfaction clientèle entre 2001 et 2003. Une chute qui avait conduit la direction de l’entreprise à ne plus rendre public cet indice.

SUEZ, avec le soutien de la direction actuelle de Gaz de France, veut sa revanche sur la nationalisation de 46

La direction de l’entreprise, actuellement aux mains des tenants de l’idéologie libérale, n’hésite pas à afficher son credo et à écorner la réalité historique. Ainsi, dans la Lettre n° 3 sur la Fusion, elle n’hésite pas à faire l’apologie du service public privé, vantant les 150 ans de la Lyonnaise des Eaux dans l’énergie et l’eau, laissant penser qu’elle regrette la parenthèse de la nationalisation du gaz et de l’électricité : « La création d’EDF en 46 met fin à cette expansion en France ». Ce discours fait fi de l’incontestable réussite de EDF et de Gaz de France, que SUEZ veut piller aujourd’hui et oublie que le choix de la nationalisation en 46 a été fait d’abord parce que ces entreprises privées n’avaient pas été capables de répondre au défi énergétique de la France. Ernest MERCIER, patron de la Lyonnaise des Eaux et de l’Eclairage, avait notamment refusé d’investir dans l’équipement hydraulique. La France se trouvait avant la guerre en déficit électrique par rapport aux autres pays industrialisés.

La fusion d’EDF et de Gaz de France écartée par idéologie

Gaz de France a toujours refusé d’étudier la fusion avec EDF se contentant de slogans : « Ca n’est pas possible, il y aurait trop de contreparties » sans être capable d’apporter d’éléments précis. Rappelons que Monsieur RISTORI, membre de la Commission Européenne, avait déclaré au Sénat, le 26 juin 2002 : « N’avoir jamais été sollicité sur ce dossier ». C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé le Président CIRELLI. En effet, celui-ci, interrogé sur le niveau des contreparties lors d’un Forum de l’Encadrement, a été obligé de reconnaître qu’il n’était pas devin. La Commission Roulet, constituée après la loi de 2004 pour justifier l’ouverture du capital et le rapport des deux Présidents (automne 2004), ont rejeté sans argumentation la fusion.

Lors du Conseil d’Administration de mars 2005 qui a étudié le dossier, sur demande des administrateurs CGT, ceux-ci ont mis en difficulté la direction, notamment sur les aspects juridiques à tel point que le Président CIRELLI, à bout d’arguments, n’a pu que stopper le débat en déclarant que, « de toute façon, le gouvernement et EDF n’en voulaient pas ».

Qui peut croire aux engagements sociaux ?

Rappelons que Suez a refusé aux commerciaux de la CNR l’application du statut des IEG et La Lyonnaise des Eaux a, en 1993, supprimé l’application aux salariés de la Lyonnaise d’un statut comparable à celui des IEG qu’il aurait appliqué depuis 1947. Enfin, quand le Président CIRELLI s’adresse aux gaziers en terme de collaborateurs et non plus en tant qu’agents, cela a un sens. Quant aux garanties verbales, chacun mesure qu’aussi bien l’entreprise que le gouvernement n’ont plus de parole.

POUR TOUTES CES RAISONS, VOUS DEVEZ DIRE NON À LA PRIVATISATION DE GAZ DE FRANCE, ET AGIR LE 20 JUIN À L’APPEL DE LA CGT ET DES AUTRES FÉDÉRATIONS

Dernière minute : Après le Président Cirelli, les deux Directeurs négocient leurs salaires

Y. COLLIOUJ.M. DAUGER
2004 en €215.530360.951+ 43 %
2005 en €238.589385.597+ 66 %
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