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Un article de Anne-Françoise HIVERT paru dans Libération le 21 mars 2006

CPE : Au Danemark, la logique de la « flexicurité » pour tous

mardi 21 mars 2006 par Anne-Françoise HIVERT
Licenciement facile contre généreux système de protection sociale.

Le « miracle danois » n’a pas fini de susciter des convoitises. Si les Français découvrent sur le tard le concept de « flexicurité », les délégations étrangères se succèdent depuis longtemps à Copenhague, en quête d’inspiration. Tombé à son plus bas niveau depuis trente ans ­ 5 % de la population active en janvier ­, le nombre de chômeurs a été divisé par deux, ces dix dernières années, dans le royaume. Avec, comme conséquence logique, l’un des plus faibles taux de chômage européens des moins de 25 ans. Ainsi, un jeune Danois a trois fois moins de risques de se retrouver sans emploi qu’un Français du même âge.

Il y a une dizaine d’années pourtant, « la question du chômage des jeunes revenait sans cesse à l’ordre du jour », se souvient Per Kongshøj Madsen, professeur au Centre de recherche sur le marché du travail (Carma), à l’université d’Aalborg. Mais sans résultat, jusqu’aux réformes du milieu des années 90. Soutenu par les partenaires sociaux, le gouvernement lance alors la « flexicurité » : un modèle associant flexibilité du marché du travail, sécurité garantie par un généreux système de protection sociale et politique active de retour à l’emploi.

Pour les entreprises, les entraves au licenciement sont minimes : aucune indemnité ne doit être versée aux salariés ayant moins de douze années ( !) d’ancienneté. Des règles qui s’appliquent à tous, sans distinction d’âge, et amènent un tiers des actifs à changer d’emploi chaque année. Mais cette flexibilisation, assure Per Kongshøj Madsen, profite aux jeunes. Car « non seulement de nombreux postes sont ouverts à candidature, mais les patrons n’hésitent pas à miser sur les moins de 25 ans ».

Toutefois, le taux d’activité record des jeunes Danois découle aussi de mesures spécifiques d’insertion, adoptées en 1996, sur le principe de la carotte et du bâton. Les jeunes demandeurs d’emploi ayant droit à une allocation chômage perçoivent jusqu’à 1 845 euros par mois. Mais après six mois, cette allocation est réduite de moitié et soumise au suivi d’un « programme de retour à l’activité ».

A la direction de la centrale syndicale LO, on considère que le dispositif a fait ses preuves. Seule une minorité des jeunes chômeurs participe à ces programmes de retour à l’activité. Les autres ont déjà trouvé du travail ou commencé une formation avant que ne sonne le gong.

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