Liste des auteurs

Un article de Marie-Joëlle GROS paru dans Libération le 6 avril 2006

CPE Les routes et les trains, cibles étudiantes

jeudi 6 avril 2006 par Marie-Joëlle GROS
Commencés hier, les blocages devraient se multiplier aujourd’hui. Objectif : freiner l’activité économique.

Etudiants et lycéens devraient mener des actions en pagaille sur les routes et les voies de chemins de fer aujourd’hui, à l’appel de la coordination nationale. Mais, soucieux de ne pas relâcher la pression, ceux du « bloc ouest » (Poitiers, Rennes, Lannion, Nantes, Toulouse) ont choisi de doubler la dose, en commençant dès hier. Leurs blocages ont surtout visé à freiner les activités économiques.

Ainsi, dès 5 h 30, des centaines d’étudiants de Nantes ont bloqué le Marché d’intérêt national, empêchant tous les camions de pénétrer dans son enceinte trois heures durant. Ceux de Lannion ont bloqué la Technopole. Dès l’aube, les Poitevins ont disposé des herses à neuf points d’accès de la ville, retardant le démarrage de l’activité de plusieurs heures. La Confédération paysanne leur est venue en renfort, apportant bottes de paille et tracteurs. Des routes ont été bloquées à Rennes et Lorient. Et des Rennais ont donné une conférence de presse parodiant celles des clandestins corses, avec cagoules et armes factices : « Nous ne désarmerons pas, jusqu’à la satisfaction de nos revendications. » Ils ont également réclamé l’amnistie « de toutes les personnes interpellées depuis le début de la mobilisation ». Les Toulousains ont eux choisi d’occuper deux centres de tri postal.

Plus à l’est, des étudiants de Saint-Etienne se sont installés au péage de Vienne, laissant passer gratuitement les automobilistes. A Chambéry, lycéens, étudiants et cheminots ont occupé la gare SNCF et bloqué les voies. Dans le Nord, la gare de Lille-Flandres a elle aussi été bloquée. Dans l’après-midi, des étudiants de Montpellier ont pénétré le local de l’UMP et jeté chaises, tables et armoires sur le trottoir.

Hier, Bruno Julliard, président de l’Unef, a appelé à « intensifier la mobilisation » dans les universités : « Les blocages et les grèves doivent se poursuivre. » Lors de son précédent appel à la grève, le 7 mars, l’effet avait été immédiat : le nombre d’universités en grève avait doublé cette semaine-là. Il s’agit cette fois de passer le tunnel des vacances scolaires, qui commencent dès vendredi soir en Ile-de-France et en Aquitaine. Les Parisiens ne veulent pas dramatiser : « Une fac en vacances ou une fac bloquée, ça ne change pas grand-chose, explique Antoine, porte-parole de la coordination nationale. On organisera quand même des débats et des AG. » Même longueur d’onde chez les lycéens. Ceux de la coordination Paris-Sud invitent les lycéens qui partiront en vacances à se greffer sur les grévistes qu’ils croiseront en province. Assistant à une « parodie de démocratie » au sommet de l’Etat, les AG étudiantes et lycéennes appellent désormais à la démission du gouvernement et à la dissolution de l’Assemblée nationale.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !