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Un article de Rémi Barroux et Martine Laronche paru dans Le Monde du 14 février 2006

CPE : les syndicats lycéens et étudiants maintiennent la pression sur le gouvernement

mardi 14 février 2006 par Rémi Barroux, Martine Laronche

Rester mobilisé jusqu’au 7 mars , date d’une nouvelle journée de protestation contre le contrat première embauche (CPE). Tel est l’objectif du collectif de jeunes qui a appelé à une semaine d’action du 13 au 20 février avec "des temps forts", mardi 14 et jeudi 16. Assemblées générales, manifestations, plus rarement piquets de grève dans les universités, sont au programme du collectif qui regroupe notamment les syndicats lycéens (FIDL, UNL), étudiants (UNEF, Confédération étudiante, proche de la CFDT, SUD étudiant) et d’autres organisations, comme le Mouvement des jeunes socialistes, les Jeunesses communistes, les jeunes CGT ou encore les Jeunesses communistes révolutionnaires de la LCR.

Décidée au lendemain du relatif échec des manifestations du 7 février, cette semaine d’action se tient pendant les vacances scolaires - un tiers des académies est en cours - et, pour partie, universitaires. "Le calendrier nous handicape, admet Bruno Julliard, président de l’UNEF. Une quarantaine d’universités seront en vacances une semaine, dans les trois semaines qui viennent."

Les organisations font pourtant montre d’optimisme. "Nous allons montrer qu’on peut rester mobilisés malgré les attaques basses du gouvernement, assure Karl Stoeckel, président de l’UNL. On sait bien que les lycéens, une fois qu’ils sont dans la rue, ce n’est pas le 49-3 qui va y changer grand-chose." Le vote du CPE au Parlement serait plutôt de nature à faire basculer "les indécis dans le camp des opposants", pense Tristan Rouquier, président de la FIDL.

La mobilisation devrait être très variable d’une académie à l’autre, et plus forte dans les villes qui ne sont pas en congés, comme Rennes, Toulouse, Montpellier, Lyon ou encore Grenoble. C’est au niveau local que les choses se décident, insistent les syndicats étudiants et lycéens qui ne se sont guère concertés au niveau national. L’UNL a invité les lycéens à interpeller députés et sénateurs à leur permanence. Les militants de la FIDL iront distribuer des tracts dans les académies en vacances, là où les jeunes se retrouvent : centres commerciaux, cybercafés...

"Localement, il y a trois cas de figures, explique Julie Coudry, de la confédération étudiante. Les facs où il ne se passe encore rien comme à Orléans, Nancy, Angers ou Limoges et où sont organisés, cette semaine, débats et forums de discussion. Les universités qui risquent de passer à l’action comme Toulouse II, Grenoble ou Montpellier. Et enfin celles qui sont déjà dans une logique de mobilisation comme Rennes-II et Toulouse-III."

Une assemblée générale, qui réunissait 250 étudiants, a voté, jeudi 9 février, le blocage dès lundi 13, de l’université de Toulouse-III, où les étudiants en éducation physique sont déjà en grève contre la baisse des recrutements d’enseignants aux concours 2004. "Il est très probable que Toulouse II vote aussi le blocage de l’accès à l’université à partir de mardi", assure Anna Mélin, responsable locale de l’UNEF.

"Il faut arriver malgré les vacances à construire une mobilisation qui dure avec des AG régulières dans les universités jusqu’au 7 mars et des foyers de mobilisation tournants", conclut Bruno Julliard. Quelle que soit l’issue de la mobilisation, les organisations de jeunesse peuvent se targuer d’avoir suscité, autour d’elles, une unité syndicale inexistante ces dernières semaines : la CFDT, la CFTC, la CGT, FO, l’UNSA, Solidaires et la FSU, se sont en effet retrouvés main dans la main pour exiger le retrait du CPE. Et veillent avec sollicitude sur la mobilisation des jeunes.

"La plaque sensible de la mobilisation, c’est la jeunesse", analyse Jean Grosset (UNSA). Les syndicats de salariés ont accepté d’arrêter la date du 7 mars en fonction des desiderata des jeunes. "Un samedi aurait permis à plus de salariés du privé de participer, mais la majorité des organisations a décidé un jour de semaine", note ainsi Rémi Jouan (CFDT).

Quant à un éventuel mot d’ordre de grève pour le 7 mars, il sera décidé syndicat par syndicat. FO déposera des préavis de grève, la CGT laisse à ses syndicats d’entreprises la liberté de choix. La FSU, principale fédération enseignante, attend, elle, de voir ce que donneront les actions du 14 et du 16 pour se décider.


CHRONOLOGIE. Dans un entretien au Figaro du 13 février, Dominique de Villepin souhaite que le Sénat adopte, "dans le courant du mois de mars", le CPE. Le premier ministre précise avoir "demandé à Gilles de Robien et à François Goulard de poursuivre le dialogue avec les jeunes".

CONTRAT DE TRAVAIL UNIQUE. M. de Villepin réclame "une analyse et des concertations approfondies" sur la mise en place d’un tel contrat. "J’écouterai avec intérêt ce que les partenaires sociaux ont à me dire", précise-t-il.

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