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BERTRAND BUSSIERE | La voix du nord le 23.06.2009

CRAINTES : La centrale thermique d’Hornaing tarde à passer au gaz

mardi 23 juin 2009 par BERTRAND BUSSIERE
Gaz ou pas gaz ? À Hornaing, le démarrage des travaux de la centrale à cycle combiné gaz se fait attendre.

Petits veinards. À la centrale thermique d’Hornaing, les 85 salariés envieraient presque leurs camarades de la centrale Émile-Huchet à Saint-Avold (Moselle). Là-bas, le groupe E.ON, sous maîtrise d’ouvrage de la Société Nationale d’électricité et de thermique (SNET), a investi 470 millions d’euros pour basculer du charbon au gaz. La pérennité du site est assurée.

« Nous devions être les premiers. Le couplage au gaz devait se faire au 1er trimestre 2010. » Roger Caiola, CGT, cherche à comprendre pourquoi la SNET fait « silence radio » depuis la tenue du comité central d’entreprise du 25 mars.

Qu’en est-il de l’implantation de la tranche gaz à Hornaing ? La question est sur toutes les lèvres. La SNET, troisième producteur d’énergie français, n’enclenche toujours pas la première. Alors que de gros chèques ont été signés. À elle seule, la connexion gaz, la conduite haute pression CRTgaz qui va relier le centre d’alimentation de Neuvilly (Cambrésis) à la centrale thermique, coûte 22,5 millions d’euros. Presque une paille au regard de l’investissement pour la « modernisation » de la centrale : 330 millions d’euros. Soit le prix d’une centrale à cycle combiné gaz d’une capacité de 430 MW.

Le hic, c’est qu’E.ON exige un seuil de rentabilité à 7,7 alors que « nous serions à 4,4 », souligne Abdel Guertit, qui aimerait bien savoir comment est calculé ce fameux seuil de rentabilité. Mais « aucun document portant sur les résultats du site ne nous est remis avant les réunions », dénonce-t-il. Côté direction, on tourne autour du pot. « Sur les sites d’Hornaing et de Lucy à Montceau-les-Mines, SNET conserve ses options de construction de centrales électriques à cycle combiné gaz de 430 MW. Ces sites présentent un certain nombre d’avantages, au premier rang desquels un fort soutien local et d’excellentes conditions de raccordement aux réseaux de transport de gaz naturel et d’électricité. » Pas d’annonce de démarrage des travaux. Mais pas d’annulation, une mésaventure survenue en mars au site de Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour cause « de rentabilité trop faible ».

À Hornaing, les élus CGT gardent un oeil sur le calendrier. Au mieux, la centrale thermique crachera ses dernières volutes de fumée fin 2015. Sachant qu’il faudra de 30 à 36 mois pour mener le chantier à son terme, tout mois perdu compte double. Ça fait rager Dominique Ben, CGT Mines-Energie : « Il n’y a pas de politique cohérente de l’énergie dans le Nord - Pas-de-Calais. » Pour corser le tout, la centrale tourne au ralenti. Faute de demande. « On nous dit que le trading  [1] paie à lui seul les charges fixes et nos salaires », explique Abdel Guertit. •

[1] Trading : les opérations de vente de matières premières, d’électricité ici, au cours le plus haut.

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