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Ludovic Tomas | L’Humanité le 13.02.2008

Carrefour ne veut pas passer à la caisse

jeudi 14 février 2008 par Ludovic Tomas
Douze jours de grève dans l’hypermarché de Marseille sans le moindre geste de la direction, si ce n’est une assignation au tribunal.

Les patrons du CAC 40 les mieux payés d’Europe ? « Et alors ? », doit penser celui du groupe Carrefour dont le chiffre d’affaires avoisinait les 88 milliards d’euros en 2006. À l’hypermarché Grand Littoral, à Marseille (Bouches-du-Rhône), les salariés n’en voient pas la queue d’un radis. Malgré une grève qui dure depuis douze jours, et reconduite hier à l’unanimité en assemblée générale. Caissier(e)s, employé(e)s de rayon et manutentionnaires ne sont pourtant pas très gourmands. Avec un salaire de 950 euros, voire moins pour certains, ils demandent un simple coup de pouce : une revalorisation des tickets restaurants de 3,05 à 4,50 euros. Cette revendication ne coûterait que 198 000 euros par an à l’hypermarché, qui réalise localement un chiffre d’affaires d’environ 150 millions d’euros.

Pour l’heure, la négociation est au point mort, malgré la médiation de la direction départementale du travail. Et le seul geste de la direction est une assignation au tribunal de délégués syndicaux. À l’origine, les salariés réclamaient également une prime exceptionnelle de 250 euros à laquelle ils sont prêts à renoncer à condition d’obtenir gain de cause sur les tickets restaurants et d’autres points de revalorisation. « Avec trois euros, on n’a pas assez pour s’acheter un sandwich à la pause. Ça m’étonnerait que mon directeur mange pour trois euros à midi », témoigne Sabine (31 ans), caissière depuis dix ans, qui émarge à 840 euros net par mois pour trente heures de travail.

Lassés de devoir batailler chaque mois, avec « un salaire de misère qui fait que dès le 10 du mois, on n’a plus rien » selon une autre caissière, plus d’une centaine de salariés (sur les 571) de cet hypermarché ont décidé de poursuivre leur grève après la journée d’action nationale dans la grande distribution du 1er février. Un cas unique en France, qu’ils aimeraient voir faire tache d’huile. Hier les grévistes ont voté plusieurs actions destinées à mobiliser les autres sites de l’enseigne dans la ville et le département. « Douze jours de grève, c’est dur avec nos salaires mais on est déterminés. On va tenir bon parce qu’on en a assez d’être traités comme des moins que rien », affirme un employé de 24 ans au rayon des légumes

Droit dans ses bottes, le service de communication de l’hypermarché a indiqué que « les tickets restaurants ne sont de toute façon pas une obligation chez Carrefour », ajoutant que « ce genre de revendication n’a jamais eu gain de cause ». « Nous proposons de revaloriser certains contrats en faisant passer des gens de trente à trente-trois heures, et une subvention de 35 000 euros au comité d’entreprise », a-t-il été précisé. Des propositions qualifiées de « poudre de perlimpinpin » par l’intersyndicale.

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