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Marion Giouse | Le Journal de Saone et Loire du 23.12.2011

Centrale de lucy « Ni à court, ni à moyen terme »

samedi 24 décembre 2011 par Marion Giouse
La CGT et la direction d’E.On sont d’accord sur un point, le potentiel industriel du site de Lucy 3. Mais pour développer un avant-projet, le délai des syndicalistes et celui de l’entreprise n’est pas le même.

La tranche de Lucy 3 est aujourd’hui obsolète et ne pourra pas être maintenue, du fait de la directive européenne GIC (grandes installations combustibles), comme toutes les tranches au charbon de la gamme 250 MW. « Pour Lucy, ce choix a été fait dès 2004, bien avant l’arrivée d’E.On, rappelle l’entreprise. L’investissement pour une mise aux normes environnementales a été jugé disproportionné par la SNET comme par EDF, d’où la décision de mettre toutes les tranches en régime dérogatoire. »

Un protocole de fin de conflit aurait dû néanmoins garantir l’emploi (70 salariés) jusqu’à la date butoir (31 décembre 2015) mais « la situation économique empire », justifie E. On et la tranche s’arrêtera finalement au 1er janvier 2013.

Potentiel

« Mais le potentiel du site de Lucy est réel », poursuit l’énergéticien. E. On a d’ailleurs développé un avant-projet de cycle combiné gaz (Lucy 4) pour lequel les autorisations ont été obtenues. « Cet avant-projet ne peut pas déboucher pour l’instant car il n’est pas rentable économiquement, ni à court terme, ni à moyen terme », explicite la direction.

Et c’est là que le bât blesse. Pour pérenniser le site, la CGT pencherait elle aussi pour une centrale gaz neuve mais… à court terme. Les syndicalistes viennent d’arracher un accord d’entreprise qui impose des expertises indépendantes (mandatées par le Comité central d’entreprise) pour nourrir des hypothèses de réflexion sur des projets alternatifs. « Nous doutons que des chevaliers blancs arrivent à des conclusions différentes des nôtres, nous sommes sceptiques quant à la question de la rentabilité, répond la direction. Quand les groupes industriels ont des opportunités pour investir, ils le font, surtout si les tranches sont amorties comme c’est le cas pour Lucy 3. »

Concernant l’idée de reprise, E. On affirme que si un éventuel repreneur présentait « une offre structurée elle serait étudiée », réfutant en bloc les accusations « d’obstructions à l’offre de reprise », relayées dans le magazine Challenge.

Va-t-on manquer ?

Si le calendrier diffère, c’est que l’analyse de la direction et du syndicat quant aux besoins futurs en électricité est diamétralement opposée. Même la lecture du rapport RTE (Réseau de transport d’électricité) entraîne des interprétations différentes de part et d’autre.

Va-t-on manquer d’électricité en 2016 ? La CGT répond « oui » pour l’énergie de pointe (pic de consommation quotidienne d’environ deux heures le matin et deux heures le soir) du fait de la fermeture de toutes les centrales à charbon d’Europe qui ne passent pas la directive GIC : 98 % de la production de la Pologne, 50 % de la production allemande, l’arrêt du nucléaire en Belgique, Suisse, Allemagne…

Côté entreprise, on répond qu’il est « illusion de dire qu’on va manquer d’électricité en Europe ». Pour E. On, la demande individuelle n’augmentera pas et la décroissance industrielle pèse négativement sur l’énergie. « Le seul problème c’est l’extrême pointe, c’est-à-dire quelques heures dans l’année quand il fait très froid par exemple », illustre-t-on. Le marché de pointe est au contraire en « surcapacité de production en Europe ».

La guerre des chiffres continuera d’opposer salariés et directions pendant encore quelques années.

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