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NOUVELOBS.COM | 28.11.05

Chômage : une baisse très statistique

lundi 28 novembre 2005
Une étude de BNP Paribas estime que la baisse observée depuis avril est surtout due à des effets statistiques et que le CNE n’y est pour rien.

L a baisse du chômage en France depuis avril s’explique surtout par des effets statistiques et le "contrat nouvelles embauches" (CNE) n’a pas eu d’impact sur l’emploi jusqu’ici, selon une étude de BNP Paribas rendue publique lundi 28 novembre par Reuters.

Les chiffres du chômage pour le mois d’octobre seront publiés mercredi. A fin septembre, le taux de chômage s’établissait à 9,8% de la population active au sens du BIT (Bureau international du travail) contre 10,2% en avril, premier mois de l’année à enregistrer un reflux sur ce front.

"Des éléments statistiques ont contribué à donner une image favorable de l’évolution du chômage au cours des derniers mois", écrit BNP Paribas dans son analyse économique de la semaine du 21 novembre.

Ses économistes font valoir que les effectifs des entreprises privées ont continué de croître à un rythme très faible ces derniers mois. Leur évolution ne permet donc pas d’expliquer la baisse du chômage intervenue dans le même temps.

La relance de l’emploi aidé dans le secteur public paraît en outre trop récente pour avoir déjà un impact significatif, ajoutent-ils. Ils estiment cependant que la stabilisation de la population active et le renforcement des mesures gouvernementales - montée en charge des emplois aidés et du CNE, durcissement du contrôle des chômeurs - devraient faciliter une "poursuite du recul du chômage" en 2006, autour de 9,5% en moyenne.

La baisse sensible du nombre des chômeurs de catégorie 1, ceux qui n’ont pas exercé plus de 78 heures d’activité dans le mois, est la plus commentée mais masque une augmentation du travail précaire.

L’Insee a recensé 108.000 chômeurs de moins dans la catégorie 1 entre juin et septembre, mais la baisse n’est que de 63.200 pour l’ensemble des catégories de chômeurs inscrits à l’ANPE. Le nombre des chômeurs en activité réduite, c’est-à-dire ceux dont l’activité dépasse 78 heures, a augmenté de 53.100 au cours de la même période, relève BNP Paribas.

Pas de CNE pour expliquer la baisse

Ses économistes insistent aussi sur la faiblesse de la reprise de l’emploi salarié dans le secteur privé (+29.500 créations au cours des deux derniers trimestres).

"Autrement dit, le lancement du contrat nouvelles embauches à partir d’août n’expliquerait pas la baisse récente du chômage", estiment-ils, même si, dans un contexte d’activité économique "plus dynamique", il est "probable" que le CNE ait un impact positif sur les embauches dans le privé.

Pour 2006, la banque retient un scénario de croissance prudent qui implique une progression "encore modeste" des effectifs salariés, de 0,5% environ.

S’agissant des emplois aidés dans le secteur non marchand, la mise en place des contrats phares du plan Borloo de cohésion sociale n’a commencé qu’au printemps.

Ce n’est qu’en septembre que la hausse du nombre des contrats d’avenir et des contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) a excédé la diminution du nombre des anciens dispositifs (+52.200 et -92.500 salariés respectivement).

Au constat effectué par BNP Paribas s’ajoute la ventilation des motifs de sortie de l’ANPE, qui traduit une augmentation des formations et des radiations pour "absence au contrôle". Les reprises d’emploi représentent un peu plus du quart des sorties de l’ANPE, sans qu’il soit possible de préciser la part des emplois durables (plus de six mois).

A la fin septembre, les reprises d’emploi déclarées constituaient 27,3% des motifs de sortie de l’ANPE, soit 54.706 personnes de plus par rapport au mois d’août. Les entrées en stage représentaient 11,0% (+28.701 personnes) et les "absences au contrôle" 36,2% (+30.347). En revanche, les radiations administratives (notamment en cas de recherche d’emploi insuffisante) ne traduisent pas de durcissement de la part des pouvoirs publics.

Elles constituaient 8,2% des motifs de sortie de l’ANPE en septembre (+3.521 personnes). Leur évolution sur les trois derniers mois par rapport aux trois mêmes mois de 2004 s’inscrivait en recul de 5,7%.

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