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Une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 25 octobre 2005

Colère des syndicats face à l’ouverture du capital d’EDF

mardi 25 octobre 2005

La plupart des syndicats d’EDF ont critiqué avec véhémence, lundi 24 octobre, la privatisation partielle du groupe d’énergie, annoncée dans la matinée par le premier ministre, sous la forme d’une ouverture de 15 % du capital.

Opposés depuis le début à l’entrée de capitaux privés dans leur entreprise, les syndicats avaient obtenu des garanties quant aux statuts des agents d’EDF, lors du changement de statut de l’entreprise à l’été 2004. Ils s’en sont ainsi pris à la dimension "idéologique" de la décision de Matignon, accusé d’abandonner "des pans stratégiques" de l’économie française.

La CGT, principal syndicat de l’entreprise (53 % aux élections professionnelles), a réclamé "un véritable débat public" sur l’avenir d’EDF. "Nous ne baisserons pas les bras devant ce qui s’apparente à un nouveau passage en force du gouvernement et, d’ici le 21 novembre (entrée en Bourse), nous allons créer les conditions pour que les exigences des salariés et des citoyens s’affirment plus fortement", a déclaré le responsable confédéral CGT, Jean-Christophe Le Duigou , lors d’une conférence de presse. PÉTITION CONTRE LE PROJET

Eric Roulot, secrétaire de la Fédération CGT mines-énergie, a dénoncé une "fuite en avant dangereuse vers l’abandon de pans stratégiques" pour la nation, jugeant "l’avenir énergétique du pays menacé". La CGT remettra mardi à midi au cabinet du premier ministre 100 000 signatures contre l’ouverture du capital d’EDF : elle vise les 500 000 d’ici au 19 novembre, date d’une manifestation organisée par la Fédération de défense et de développement des services publics.

A l’issue d’une réunion interfédérale lundi soir, les fédérations CGT et FO de l’énergie ont décidé d’appeler les salariés d’EDF à "s’engager dans l’action", notamment en se mettant en grève, à partir du 8 novembre.

"STRATÉGIE DU MENSONGE"

La CFDT chimie-énergie juge qu’"EDF n’a pas besoin de faire appel à des capitaux privés pour mener à bien son projet". La CFDT souligne que "dans un premier temps, le gouvernement affiche sa volonté d’aider EDF pour son développement industriel", mais que "son objectif est de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’Etat".

La fédération Force ouvrière énergie-mines met en cause une "stratégie du mensonge de Matignon", faisant valoir que "les citoyens" n’auront aucun recours en cas de non-respect par EDF du "contrat de service public", en l’absence de sanction. S’agissant des investissements, FO a fustigé des annonces "à géométrie variable", expliquant que les "40 milliards d’euros sur cinq ans" n’apportaient rien aux "26 milliards sur trois ans" déjà annoncés, vu que les 14 milliards de différence relèvent d’investissements "déjà programmés (...) pour 2009 et 2010".

La CFTC des industries électriques et gazières (IEG) a également déploré l’annonce de Matignon. Son président, Dominique Villers, a estimé qu’"EDF devait rester dans le giron public". Pour Yann Cochin, de SUD-Energie, "les hésitations sont terminées, on passe aux choses sérieuses". Selon lui, "les assurances données à EDF" l’ont été en leur temps à France Télécom, "à qui M. Breton a dû dire que l’ouverture du capital ne dépasserait jamais les 50 %".

Seule la CFE-CGC des IEG s’est réjouie d’avoir été "entendue", estimant que l’augmentation du capital était assortie d’un "projet industriel" : EDF va ainsi "pouvoir renforcer ses investissements sur l’outil industriel en France", a expliqué Jean-Claude Pelofy, secrétaire général de la fédération des cadres.

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