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Émilie Rive | L’Humanité du 26 mars 2007

Combattre le « marché aux esclaves du troisième millénaire »

lundi 26 mars 2007 par Émilie Rive
Immigration . Contre les idées reçues, le collectif Uni(e)s contre une immigration jetable s’inscrit dans la campagne électorale.

Les salles de l’université de Censier prévues pour les ateliers du colloque « Immigration : où est le problème ? » étaient trop petites, samedi matin, pour accueillir les participants invités par le collectif Uni(e) s contre une immigration jetable. Il a fallu émigrer vers les amphis. L’immigration n’est ni un « problème », ni une « menace pour l’identité nationale » affirment les signataires de la déclaration commune rendue publique à l’issue du colloque. Fort de plus de 100 000 signatures contre la politique « d’immigration choisie-subie », et de plus de huit cents membres, le collectif veut faire entendre leurs voix dans le concert de contrevérités qui ruissellent dans l’information quotidienne. Ses spécialistes ont rédigé un « contre rapport » en réponse à tous ceux publiés, depuis quatre ans, dans le cadre législatif, pour faire passer les lois répressives. Il est disponible sur le site :

contreimmigrationjetable. org

Mais, samedi, l’heure était à l’analyse de la réalité. Celle de la politique des institutions internationales « illégales parce que non élues », de l’OMC au FMI, qui, avec la collaboration des dirigeants africains organisent un « nouvel ordre colonial » ; Jean-Claude Amara, de Droits devant, dénonçant un « marché aux esclaves du troisième millénaire ». Ainsi, expliquent les intervenants, le pillage du Sud débouche sur la déréglementation des acquis sociaux au Nord, avec la globalisation des situations précaires. Le ministre de l’Intérieur a beau multiplier les expulsions de sans-papiers, le patronat français se garde un réservoir inépuisable de main-d’oeuvre corvéable à merci.

Le témoignage de Raymond Chauveau, secrétaire de la CGT de Massy, sur [Modeluxe-rubrique 293]], était là pour le démontrer. Tout comme l’inspecteur du travail, Jérôme Beuzelin, qui expliquait comment les employeurs disposent de tout un arsenal permettant l’importation massive de main-d’oeuvre dans un « second marché illégal », dont profitent les secteurs « sous tension » : chantiers navals, BTP, restauration, gardiennage, petits commerces, agriculture, aide à la personne. Ou comment les sans-papiers permettent aux organismes sociaux de capitaliser les cotisations sans avoir à les reverser. Dans ces conditions, traquer le sans-papiers, comme il est actuellement demandé aux fonctionnaires n’est que de la poudre aux yeux pour l’opinion publique.

La soirée s’est achevée par une manifestation de plusieurs centaines de personnes, de Censier à l’église Saint-Ambroise, pour symboliser le onzième anniversaire de son occupation par les familles maliennes. Action qui avait marqué la sortie de l’ombre des sans-papiers.


Pour une autre poitique de l’immigration

Quarante-deux organisations ont, samedi, signé une déclaration commune pour « une autre politique de l’immigration » fondée sur le respect des droits fondamentaux et l’égalité de traitement entre Français et étrangers, et l’alignement, au niveau européen, de leur statut sur celui des résidents communautaires. Elle préconise dix mesures à prendre d’urgence par le gouvernement français et quatre sur les rapports Nord-Sud (principe d’égalité des interlocuteurs, suppression de la sous-traitance de la lutte contre les migrations, remise en cause de l’aide publique au développement dans ses attributions actuelles). Côté politique, signalons parmi les signataires, le PCF, les Alternatifs, la LCR, les Verts ; côté syndical, l’UNEF, la FSU, la CGT, Sud éducation, le Syndicat de la magistrature.

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