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Un article de Sylvestre HUET paru dans Libération du 3 janvier 2005

Comment distribuer ou stocker du gaz ?

mardi 3 janvier 2006 par Sylvestre Huet
Compteurs et réserves souterraines permettent de mesurer et de garder la quantité prélevée.

Produire ici, consommer là. C’est la loi géographique qui régit l’usage du gaz naturel. Concentrée dans des régions particulières par la géologie ­ comme le pétrole, et pour les mêmes raisons ­, l’exploitation du gaz ne peut se concevoir sans un vaste réseau de distribution adapté à ses paramètres physiques. Réseau de plus en plus international : selon l’Institut français du pétrole, d’ici à 2020, plus de 30 % du gaz produit dans le monde sera commercialisé en traversant au moins une frontière politique, à travers continents et océans.

Compression. Ce transport s’opère à 80 % par des réseaux de gazoducs dont les artères principales relient les gisements aux zones de consommation. Ils s’étendent sur des milliers de kilomètres, ponctués, tous les 150 kilomètres, par des stations de compression. Sur ces artères se branchent les réseaux de distribution, avec, à chaque entrée et sortie, des compteurs de pression ­ donc de la quantité de gaz qui circule ­ permettant la facturation par les vendeurs aux clients. La vérité sur les affirmations contradictoires des Russes et des Ukrainiens sur les quantités de gaz envoyées et reçues est donc connue de ces compteurs... et des gestionnaires des réseaux. L’Europe importe 285 milliards de mètres cubes par an, dont 88 de Norvège, 125 de Russie et 32 d’Algérie. La vive croissance de l’usage du gaz, en particulier pour l’électricité, explique que les projets de nouveaux gazoducs se soient multipliés en Europe : de Russie en Allemagne par la Baltique, ou de Libye en Italie...

Une part croissante du transport s’opère également par navires méthaniers, plus coûteux, mais plus flexibles et plus rapides à mettre en oeuvre qu’un gazoduc. Le gaz doit alors être liquéfié à ­ 160 °C, ce qui divise son volume par 600. La France réalise près de 25 % de ses importations sous cette forme, l’Espagne près de 60 %. Un choix lié au défaut de gazoducs, à l’époque où le gaz algérien a pris son essor. Le transport est rapide, puisqu’il ne faut qu’un seul jour de navigation pour relier Skikda (Algérie) à Fos-sur-Mer.

Stocks tampons. Produire tout le temps mais consommer surtout durant l’hiver est la seconde loi du gaz. Les réseaux comportent donc des stocks tampons, remplis régulièrement dans l’année et sur lesquels on pompe durant l’hiver, pour assurer une pression suffisante dans le réseau. La France compte par exemple 14 sites souterrains, entre 400 et 1 500 mètres en profondeur, où près de 10 milliards de mètres cubes de gaz peuvent être stockés. Il s’agit d’aquifères salins. Le principal est celui de Chémery (Loir-et-Cher), le plus grand et le plus profond du monde, qui contient près de 7 milliards de mètres cubes. Il peut aussi s’agir de cavités creusées dans du sel gemme (trois sites), de plus faible capacité, mais autorisant un débit très élevé en sortie afin de passer les périodes de pointe. Ces stockages importants et des approvisionnements diversifiés géographiquement permettent aux consommateurs français de voir venir...

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