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Marc Leras Christelle Chabaud | L’Humanité du 30 mars 2007

Commerce : précarité et bas salaires ne passent pas

vendredi 30 mars 2007 par Christelle Chabaud, Marc Leras
Mobilisation hier, à Marseille et Paris, pour exiger une augmentation du pouvoir d’achat, la fin du temps partiel imposé et s’opposer au travail le dimanche.

« C’est pas tous les jours qu’on peut crier « non », rigolent Sylvie et ses collègues de Monoprix. On en profite » ! Dans le cortège, rue de Rivoli à Paris, d’autres salariés de Tati, BHV, Courir ou du Printemps défilent côte à côte aux rythmes des djembés et des slogans. Hier matin, près de 400 employés ont manifesté, à l’appel de la CGT, pour revendiquer de meilleurs salaires, la fin du temps partiel imposé et le respect du repos dominical. « On en a marre de sacrifier notre santé au boulot sans pour autant pouvoir partir en vacances ou s’offrir une sortie, on en a marre d’avoir des salaires à trois chiffres, de se voir enlever des primes pour après s’entendre dire par notre direction que pour des augmentations il faudra attendre que Royal soit élue », soupire Sylvie, obligée de se loger en banlieue, loin du Monoprix de Belleville où elle travaille.

Mêmes exaspérations 700 km plus au sud, sur la Canebière de la cité phocéenne. Cette fois avec les salariés de l’ANPE, de La Poste et du Port autonome de Marseille, ils sont 3 500 sous les banderoles à être venus des quatre coins de la région. « Le dimanche libre et un vrai salaire » : le slogan de tête résume les revendications des manifestants et grévistes, venant pour la plupart de la grande distribution. La bataille menée depuis plusieurs mois contre l’ouverture du dimanche dans les enseignes de la zone commerciale de Plan de Campagne, entre Marseille et Aix-en-Provence, est dans toutes les têtes. Saisi par la CGT et la CFDT, le tribunal administratif de Marseille doit d’ailleurs rendre son arrêt sur l’autorisation d’ouverture dominicale accordée par la préfecture des Bouches-du-Rhône le 3 avril prochain. « La question du travail du dimanche pose des interrogations à la fois sociales et sociétales », estime Avelino Carvalho, pour la CGT. « Le dimanche est un repère commun pour l’ensemble de la société, le temps du loisir et de la famille. Pourquoi en retrancher une partie des salariés de ce pays ? Au moment où l’on parle d’autorité parentale, qui s’occupera des enfants de ces salariés ? Est-ce que le dimanche nous n’avons rien de mieux à faire que de vendre ou de consommer ? ». Pour le syndicaliste, le « travailler plus pour gagner plus » proposé aux employés de grandes surfaces n’est qu’un miroir aux alouettes. « Les primes prévues par le Code du travail concernent seulement les ouvertures dominicales exceptionnelles. Les textes ne prévoient rien si les ouvertures deviennent le droit commun ».

« On nous explique que l’ouverture dominicale va créer de la croissance et de l’emploi », reprend Olivier Bireaud, membre de la fédération CGT du commerce. « Or, les quelques cas existants nous montrent qu’il n’en est rien, que cela peut au contraire avoir une incidence sur le coût des produits pour les consommateurs. Les vraies questions concernent les salaires. C’est dans la grande distribution qu’on retrouve énormément de travailleurs pauvres, de salariés SDF ».

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