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Article de ANNE SALOMON publié dans Le Figaro du 9 novembre 2006

Comptes des entreprises : les auditeurs veulent une information en temps réel

vendredi 10 novembre 2006 par Anne Salomon
FINANCE Six des plus grands réseaux d’audit mondiaux réclament une révolution de la communication financière.

LES ENTREPRISES, qui bataillent déjà aux États-Unis pour sortir des lourdes contraintes comptables et réglementaires imposées par la loi Sarbanes-Oxley, font désormais face à de nouvelles exigences. Celles-ci ont été exprimées hier par leurs propres contrôleurs. Dans une déclaration commune, six des plus grands réseaux d’audit mondiaux ont plaidé hier pour de nouvelles réformes.

L’idée est d’accroître encore la fiabilité des comptes publiés par les entreprises. Or les professionnels du chiffre, chargés d’inspecter les bilans des plus grands groupes de la planète, estiment que l’information financière telle qu’elle est diffusée aujourd’hui n’est plus adaptée aux exigences des marchés.

Selon eux, il serait nécessaire que les entreprises communiquent davantage sur des informations qui ne seraient pas que financières. D’autres types de données peuvent en effet rendre aussi compte de la santé réelle d’une entreprise, comme par exemple sa réputation ou la fidélité de ses clients. Autre piste évoquée hier : le remplacement des sacro-saints résultats trimestriels par une information en temps réel via Internet.

Les Sherlock Holmes des bilans

Par ailleurs, les auditeurs aimeraient disposer de moyens supplémentaires afin de lutter efficacement contre la fraude au sein des grands groupes. Cette profession est partout traînée devant les tribunaux pour ne pas avoir su déceler les graves irrégularités qu’ont révélées au début des années 2000 les affaires Enron ou Worldcom. C’est ce qui avait valu à un des grands auditeurs mondiaux, Arthur Andersen, de disparaître corps et biens. La profession estime que sa mission n’est pas de dénicher les malfrats au sein des entreprises et qu’en tout état de cause, elle n’a aucun moyen de déceler des escroqueries compte tenu de la complexité des réseaux de transfert de capitaux mis en place.

C’est pourquoi les auditeurs réclament qu’on leur donne davantage de moyens pour pouvoir jouer les Sherlock Holmes dans les bilans des entreprises. Concrètement, ceci passe tout simplement par une augmentation de leurs honoraires.

Les entreprises ne sont pas les seules à être sollicitées. Les pouvoirs réglementaires, particulièrement aux États-Unis, sont eux aussi interpellés par ces professionnels. Ceux-ci constatent qu’on leur a trop demandé d’appliquer de façon tatillonne un corpus de règles comptables. Comme l’explique Thierry Raes chez PriceWaterhouse à Paris, « les réglementations ont tout prévu et imposent point par point ce qu’il faut faire et dans quelle situation. Nous demandons le droit d’exercer notre jugement sur l’opportunité d’appliquer une norme comptable plutôt qu’une autre, même si les règles sont censées nous l’imposer ».

Bref, l’information financière semble décidément vouée à vivre une révolution permanente.

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