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Entretien réalisé par Thomas Lemahieu paru dans l’Humanité du 4 février 2006

« Contre le CPE, l’opinion a fortement basculé »

samedi 4 mars 2006 par Thomas Le mahieu

Publié jeudi dans l’Humanité, un sondage confirme l’idée d’un basculement majoritaire de l’opinion contre le contrat première embauche (CPE) du gouvernement Villepin. Comment appréciez-vous ces évolutions depuis la première mobilisation début février ?

Gérard Aschiéri. Dès le 7 février, j’avais dit, avec d’autres, que nous assistions à un basculement de l’opinion. Et le sondage de l’Humanité vient consacrer cette idée. J’ai le sentiment que ce basculement de l’opinion se renforce encore. Est-ce que la confirmation de cette opposition très majoritaire au CPE va se traduire le 7 mars en action ? Il y a une incertitude évidemment, mais nous aurons une première réponse... Dans le secteur de l’éducation, l’incertitude est accrue par le fait qu’il y a des académies encore en vacances. Chez les enseignants et personnels de l’éducation, voire chez les lycéens, il y a un manque de visibilité partielle. Mais ce que je constate, c’est qu’il y a un investissement militant fort, les syndicalistes participent au travail d’explication et de mobilisation. Je constate que chez les jeunes, lycéens et étudiants, il y a énormément de mobilisations et que les assemblées générales sont massives et régulières. Tout ça conjugué avec ce que montrent les enquêtes d’opinion nous donne bon espoir sur la mobilisation.

Pour ce qui est des syndicats de salariés, on voit quand même des difficultés, à travers, par exemple, l’impossibilité de lancer un appel unitaire dans la fonction publique... Comment l’expliquez-vous ?

Gérard Aschiéri. Il y a une hésitation, normale, il faut dire, sur la question de la grève. C’est là qu’il y a débat. Mais c’est vrai que tout le monde n’est pas dans la même situation : il y a un certain nombre de secteurs dans lesquels la grève est un instrument nécessaire pour réussir une manifestation ; il y en a d’autres où la grève n’est pas nécessaire. C’est sur ce sujet qu’il y a des appréciations différentes. Mais l’objectif de tout le monde demeure bel et bien de réussir les manifestations. J’ai le sentiment que la plupart des organisations syndicales font le travail. Les responsables locaux de la FSU le constatent sur le terrain et nous le font remonter. Alors c’est vrai que sur la grève, des approches différentes coexistent, mais il y a, je le constate en même temps, de plus en plus d’appels interprofessionnels unitaires à la grève dans les départements. Il doit y en avoir une bonne quarantaine. C’est indéniablement plutôt positif.

À quelques jours de la mobilisation du 7 mars, comment analysez-vous la position du gouvernement Villepin ?

Gérard Aschiéri. Le gouvernement est aujourd’hui dans une situation de faiblesse et, en même temps, comme il joue gros politiquement, il ne va pas céder si facilement. On ne peut pas, je pense, considérer que le 7 mars, ça sera pour solde de tout compte ! Sauf si, et ça n’est pas totalement impossible, dès le 7 mars, se manifeste un rapport de forces très favorable... La prédiction en matière sociale est une science difficile, bien plus encore que la météo. J’ai le sentiment qu’un certain nombre de conditions sont réunies pour que le 7 mars soit supérieur au 7 février en termes de mobilisation parce qu’il se passe réellement quelque chose dans la société française. Mais, c’est vrai, je ne sais pas jusqu’où ira ce niveau de mobilisation.

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