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Stéphane Foucart | Le Monde le 14.12.2007

Dans l’Arctique, le réchauffement a des effets plus forts que prévu

vendredi 14 décembre 2007

Augmentez la taille du texte Diminuez la taille du texte Imprimez cet article Envoyez cet article par e-mail Recommandez cet article Citez cet article sur votre blog Classez cet article Réagissez à cet article Les prévisions du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur l’élévation du niveau des mers seraient à revoir, selon de nombreux glaciologues présents au congrès d’automne de l’American Geophysical Union (AGU), qui se tient à San Francisco (Californie) jusqu’au vendredi 14 décembre. En cause : la rapidité imprévue du réchauffement des hautes latitudes.

D’après des résultats présentés par Marco Tedesco (NASA, université du Maryland), l’été 2007 a vu tomber tous les records de fonte du Groenland. La surface de la calotte glaciaire ayant fondu au-dessus de 2 000 m d’altitude est supérieure de 150 % à la moyenne mesurée entre 1988 et 2006. Au-dessous de 2000 m, cet écart à la moyenne a été de 30 %. Le nombre de journées pendant lesquelles fond la calotte a été supérieur à la moyenne de vingt-cinq à trente jours, selon les régions.

Ces chiffres vont de pair avec les récentes mesures de la couverture estivale de la banquise, exceptionnellement réduite cette année (Le Monde du 19 septembre), ainsi qu’avec les relevés concernant l’océan Arctique, qui montrent, au nord de l’Alaska et au large de la Sibérie orientale, "une température des eaux de surface supérieure de 3,5 oC à la moyenne et supérieure de 1,5 oC au maximum historique", selon Michael Steele (université de Washington).

Ce réchauffement d’une ampleur inattendue de l’Arctique ainsi que la fonte de la calotte favorisent un phénomène récemment identifié : le "glissement" des glaciers. "Au sommet de la calotte, des lacs de dégel se forment ; l’eau ruisselle et s’infiltre sous la glace. Elle contribue à lubrifier le socle de la calotte et favorise l’avancée des glaciers dans la mer", explique Konrad Steffen (université du Colorado). Cet "écroulement" serait responsable "d’une perte annuelle de masse d’environ 100 milliards de tonnes de glace, alors que la fonte en elle-même ne compte que pour une perte de 30 milliards de tonnes de glace".

Or ce phénomène n’a pas été pris en compte dans les dernières estimations du GIEC, qui prévoient une élévation du niveau des mers de 18 à 59 cm d’ici à 2100. Pourquoi ? "Simplement parce que les modèles mathématiques capables de prévoir l’évolution du phénomène dans le futur n’ont pas encore été développés, explique Raymond Pierrehumbert (université de Chicago). La plupart des glaciologues considèrent désormais que les estimations du GIEC sont un minimum absolu. Il est certain que la réalité dépassera ces projections."

Au cours d’une conférence sur le réchauffement rapide de l’Arctique, Mark Serreze (National Snow and Ice Data Center, Boulder, Colorado) a insisté sur les différences relevées entre les prévisions et les mesures du réchauffement aux hautes latitudes. Il estime ouverte la question de savoir s’il restera en 2030, en été, le moindre morceau de glace dans l’océan Arctique.

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