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Un article de Frédéric Bianchi et David Medioni paru dans Le Monde du 16 mars 2005

Dans le privé, des négociations salariales très variables selon les secteurs d’activité

mardi 15 mars 2005 par Frédéric Bianchi, David Medioni

Le premier ministre a indiqué que, même s’il travaille à des mesures en faveur de la participation et de l’intéressement, le gouvernement se contentera d’un rôle de "facilitateur" sur la question des salaires dans le privé, celle-ci relevant des discussions entreprises-syndicats. Le Monde fait le point sur les négociations en cours.

Chimie et pétrole. Les négociations de branche sont au point mort. Les syndicats stigmatisent "les décisions unilatérales de l’Union des industries chimiques (UIC)." L’UIC propose "de substituer les minima mensuels par une rémunération annuelle garantie composée de primes diverses", déplore Michel Decayeux, secrétaire général de FO-Chimie. Le point de salaire n’est plus réévalué et trois coefficients sont inférieurs au smic. Pour sortir de cette impasse, l’UIC veut mettre en place un dispositif qui revalorise les rémunérations. Les syndicats veulent une hausse de salaire minimal.

Au sein des entreprises de ce secteur, les négociations sont moins houleuses. Chez Procter & Gamble France, "la tendance 2005 sera sur les mêmes lignes que 2004, mais il ne devrait pas y avoir d’effort supplémentaire", confie un porte-parole. En 2004, l’augmentation globale des salaires chez le lessivier s’est située entre 3,5 % et 5,5 %.

Dans le pétrole, la proposition de la chambre patronale d’augmenter les minima de 2,2 % a été refusée par les syndicats. Au niveau des entreprises, "les négociations ont abouti lorsqu’il y a eu rapport de force", considère FO, avec, par exemple, des hausses de 4 % chez BP et Shell.

Métallurgie. Soixante-dix-sept négociations sont en cours entre chambres patronales et syndicats par zone géographique. Cinq conventions ont été signées. "Nous n’avons aucun problème contractuel dans la métallurgie, se félicite Dominique de Calan, délégué général adjoint de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). En 2004, il y a eu 74 accords sur 77." Même satisfaction du côté de FO, qui estime à 3 % l’augmentation des minima sur l’ensemble de la grille.

La CFDT fait entendre une voix discordante en pointant un tassement des coefficients. "Il y avait seulement 150 euros d’écart entre le premier et le quatrième coefficient en 2004", remarque Mario Steri, secrétaire national de la CFDT chargé des salaires dans la métallurgie. Pour l’UIMM, cela "s’explique par le passage des 39 aux 35 heures qui a tassé les hiérarchies ouvrières." FO escompte une hausse des salaires comprise entre 3 % et 5 % dans les grands groupes cette année. Pour les PMI, les syndicats estiment que les négociations sont plus difficiles, ce que l’UIMM réfute.

Services financiers. Les discussions avancent assez vite. Les banques ont engrangé des profits records et les négociations salariales pour 2005 ont débouché sur l’octroi de primes. "Malgré tout, les salaires stagnent, souligne la fédération CFDT de la Banque, nous souhaitons une hausse générale au niveau de la branche."

Du côté des assureurs, "nous constatons à la fois une poussée revendicative sur les salaires et la signature d’accords de bonne qualité", constate Régis Versavaud, secrétaire national des services de la CFDT. Il met en avant les AGF qui ont décidé de relever les salaires de 2,5 %, les MMA de 2,2 %, Groupama-Gan où la hausse globale (individuelle et collective) prévue est de 3 % ainsi qu’Axa qui a signé un accord triennal.

Des mouvements de grogne apparaissent néanmoins. La CGT, FO et l’UNSA ont appelé les salariés de la GMF à la grève, lundi 14 mars, contre le 1,8 % d’augmentation proposé par la direction.

Les négociations de branche sur le salaire minimum débuteront le 5 avril. "La hausse escomptée est au minimum de 2 %", prévient Michel Cougoureux, président de la CGC Assurances.

Services informatiques. En octobre 2004, un accord de branche a été signé (pour la première fois en deux ans), portant uniquement sur l’actualisation de la grille des salaires minimaux du secteur : + 3 % pour les cadres et + 4 % à 5 % pour les techniciens.

En ce qui concerne les salaires, au niveau des entreprises, peu de discussions sont engagées. La mobilisation des salariés sur ce sujet est faible. Pourtant, quand surviennent des conflits locaux, comme chez Cap Gemini récemment, la direction a rapidement cédé.

Télécommunications. France Télécom et SFR-Cegetel sont les deux mastodontes du secteur. En janvier, un accord de branche sur le relèvement des grilles minimales a été signé par deux syndicats minoritaires (CFTC, CGC). Pour la première fois, au niveau des entreprises, patronat et syndicats se sont séparés sur des constats d’échecs chez France Télécom et chez SFR-Cegetel. Chez France Télécom, la direction proposait une hausse moyenne de 2,3 % pour 2005, après + 2,5 % en 2004. Les primes et l’intéressement ont augmenté de 50 % pour 2005.

Services et grande distribution. "Sur les 40 conventions collectives que nous suivons, seulement cinq sont parvenues à un accord", constate Jean-Louis Bienvenue, responsable de la grande distribution à la CFDT. Les négociations salariales sont bloquées. Le différend tient au tassement de la grille des salaires, où les minima sont souvent situés en dessous du smic. Les hausses successives du smic pèsent dans les négociations sur les minima.

Chez Carrefour comme chez Conforama, les tensions sont vives. Seul Auchan serait sur le point de signer un accord sur une hausse aux alentours de 2 %.

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