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Un article de Michel Delberghe paru dans Le Monde du 23 février 2005

Dans le privé, un salarié sur deux reçoit un revenu complémentaire sous forme de participation

mardi 22 février 2005 par admin

Lors des négociations annuelles obligatoires sur les salaires, les syndicats refusent d’intégrer la variable de rémunération complémentaire que représentent les primes d’intéressement et de participation liées aux résultats financiers des entreprises. Depuis la mise en place des plans d’épargne et le développement de l’actionnariat salarié, cette part a tendance à s’accroître, même si elle reste étroitement dépendante des secteurs et de la conjoncture.

Le groupe pétrolier Total, qui a engrangé des profits records de 9,04 milliards d’euros pour une masse salariale de 6,1 milliards d’euros et un effectif de 110 000 personnes dans le monde, versera ainsi à chaque salarié français une prime d’intéressement de 4 500 euros à laquelle s’ajoutent 800 euros au titre de l’abondement du plan d’entreprise. L’enveloppe correspondante s’élève à 76 millions d’euros, soit 0,8 % des profits. Mais la direction souligne que les 80 000 salariés actionnaires - 3,4 % du capital - devraient bénéficier de dividendes correspondants.

Renault accordera également une prime, variable selon les niveaux de salaires, qui ne devrait pas être inférieure à 3 200 euros, correspondant à 6 % des 3,5 milliards d’euros de profits. Mais cette somme ne concerne que les salariés français du groupe. Dans le groupe BNP Paribas, qui a enregistré 4,6 milliards de profits, l’augmentation du montant de l’intéressement et de la participation, de l’ordre de 40 millions d’euros, est identique à celle des augmentations collectives des salariés français de la maison mère, soit un tiers des effectifs. Chez Arcelor, qui a réalisé 2,3 milliards d’euros de bénéfice, l’intéressement, en cours d’établissement pour 2004, est calculé selon la performance de chaque site et peut atteindre 9 % de la masse salariale, alors que la participation est, elle, identique pour tous les salariés.

Depuis l’adoption de la loi Fabius du 19 février 2001, la participation des salariés aux résultats de l’entreprise a franchi un nouveau cap. Selon une note de la Dares, l’organisme d’études du ministère du travail, publiée en septembre 2004, près d’un salarié du privé sur deux - 95 % dans les sociétés de plus 1 000 salariés - a bénéficié en 2002 des dispositifs de participation financière mis en place dans leur entreprise. Ceux-là même que le gouvernement souhaite étendre à l’ensemble des salariés, essentiellement des PME.

Selon la Dares, près de 6 millions de salariés ont reçu en 2002 une prime d’intéressement, représentant un montant de 10,6 milliards d’euros, 1 758 euros en moyenne par salarié. Cette somme, en hausse de 0,9 %, avait nettement moins progressé que les années précédentes (9 % en 2001 et 16 % en 2000).

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