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Un article de David REVAULT D’ALLONNES paru sur. Liberation.fr le 4 octobre 2005

De PSA aux PME, quel travail après 50 ans ?

jeudi 13 octobre 2005 par David REVAULT D’ALLONNES
Obstacles à l’employabilité des plus de 50 ans : l’aménagement de la pénibilité et le coût financier.

Ce n’est pas la taille de l’entreprise qui compte : si la qualification et l’expérience des seniors sont officiellement prisées des patrons, leur employabilité suscite plusieurs réserves, dans les grands groupes comme dans les PME. Ainsi chez les grands constructeurs automobiles, où l’emploi des seniors pose, en premier lieu, la question de la pénibilité du travail. « Dans un contexte de vieillissement de la population ouvrière, nous développons la mise en place de postes peu pénibles physiquement, indique-t-on chez PSA Peugeot Citroën, où 66 ergonomes travaillent dans le monde entier pour diffuser de meilleures pratiques industrielles. » L’entreprise, qui comptait 35 % de « postes lourds » en 1999, n’en dénombrait plus que 19 % en 2004. Et entend atteindre le chiffre de 8 %. Politique qui laisse de marbre certains syndicats : « On dit qu’on va dégager des postes de travail allégés pour les seniors, avec des charges moins lourdes à porter ou moins de contorsions, dit Joël Moreau, délégué syndical central CGT chez PSA. Mais en même temps, on rajoute du travail supplémentaire à un autre, donc à la cadence et au stress. Et on n’a même pas réussi à alléger les postes de travail pour les salariés à capacité restreinte ou les handicapés. On reste donc très sceptiques en ce qui concerne les seniors... »

Dans un secteur où les ouvriers ont souvent commencé très jeunes, le travail des quinquagénaires n’a guère la cote. En particulier chez PSA, où les départs en retraite à partir de 55 ans n’ont pas manqué ces dernières années. « Ils n’aspirent pas à des postes allégés, mais à partir plus vite, poursuit Joël Moreau. Dans les ateliers, on nous pose continuellement la question : quand est-ce qu’il y aura un plan social ? » Quant à l’hypothèse de salariés de 55 ans et plus embauchés sur les lignes de montage, elle ressemble à une utopie. Le cadre d’un constructeur reconnaît : « Embaucher un ouvrier de 55 ans pour travailler à la chaîne, ce n’est pas le plus facile... »

Du côté des petites entreprises et de leur organisation représentative, la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la position officielle est clairement favorable à la proposition patronale de CDD « spécial seniors ». « Nous avons plus que jamais besoin des seniors, assure Roger Pellat-Finet, numéro deux de la CGPME. Dans de nombreuses branches, comme la mécanique ou le BTP, les professionnels sont rares, et on a toutes les peines du monde à trouver des compagnons qualifiés. Quand on a la possibilité d’embaucher, c’est bien volontiers. » A entendre les chefs d’entreprise, la réalité est moins rose. D’abord, le senior a un prix. « Aujourd’hui, beaucoup de PME sont au taquet au niveau rentabilité, et un senior, ça ne peut qu’être cher, rappelle Michel Cordier, petit commerçant à Marseille et représentant local de la CGPME. Vous n’allez pas lui demander de travailler au Smic ! Aujourd’hui, le patron cherche à aller au plus facile et au moins cher. La tendance, c’est plutôt de prendre deux jeunes pour un vieux... »

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