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Lénaïg Bredoux | L’Humanité du 25avril 2007

Delphi veut faire travailler plus pour gagner moins

mercredi 25 avril 2007 par Lénaïg Bredoux
Automobile . L’équipementier américain veut supprimer les RTT de ses salariés des Ardennes et geler leurs salaires pendant trois ans pour « assurer la pérennité du site ».

Datée du 16 avril, la lettre a été envoyée à chacun des 460 salariés de l’usine Delphi de Donchery, près de Sedan (Ardennes). Elle commence par ces mots : « Madame, Monsieur, dans les prochains jours, notre site va devoir fournir à notre Division une réponse qui va engager notre avenir. » Le deal est clair : soit les salariés acceptent de renoncer à leurs jours de RTT et de geler leurs salaires pendant trois ans, soit la pérennité du site est menacée.

Selon la direction de l’équipementier automobile américain qui s’est mis sous la protection de la loi sur les faillites aux États-Unis et a lancé une vaste restructuration de ses activités dans le monde, l’usine des Ardennes doit parvenir à un niveau de coût de production égal à 12 % des ventes pour être « compétitive », face aux pays de l’Est notamment.

Or le plan de réduction des coûts déjà mis en place, et qui prévoit la délocalisation de l’atelier évaporateur (pour les climatiseurs) vers le Mexique et la Pologne et la suppression de 107 emplois, ne serait « pas suffisant ». Delphi veut donc passer à la vitesse supérieure en remettant en cause l’accord sur les 35 heures signé il y a sept ans. En jeu, toujours selon la direction, l’obtention de deux nouveaux marchés pour remplacer les modèles qui arrivent en fin de vie. « Sinon ces nouvelles productions iraient sur le site de Pologne », dénonce Jean-Yves Stévenin, délégué syndical central CGT.

Demandé par la CFDT (majoritaire), qui refuse de « prendre une décision » à la place des salariés, un référendum est donc organisé aujourd’hui à Donchery, avec quatre options soumises au vote. Si aucune d’entre elles ne recueille la majorité des voix, un deuxième tour sera organisé le 4 mai. « Ici, les gens n’y croient plus, explique James Sourioux (CFDT). Nous avons déjà eu un plan social en 2001, l’atelier évaporateur sera délocalisé à partir de cet été, et les autres sites en France qui ont renoncé aux 35 heures n’ont pas toujours conservé leurs activités. Les salariés risquent de voter non. »

Quant à la CGT, deuxième syndicat de l’usine, elle mène campagne contre le « chantage » de la direction : « Delphi veut profiter de la confusion de certains salariés, avec la peur de perdre leur emploi, pour réaliser une plus-value à court terme, estime Jean-Yves Stévenin. Les mesures présentées ne représentent que moins de 2 % de gains sur les coûts de production ! Et les deux nouveaux marchés ne suffiront pas à eux seuls à enrayer la baisse de l’activité. » Lui accuse la direction de reporter sur les salariés le coût de la délocalisation d’un des ateliers et parle de « marché de dupes machiavéliquement néfaste ». Le dépouillement du vote des salariés aura lieu, demain, à partir de 15 heures.

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