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Un article de christelle Chabaud paru dans L’Humanité le 18 avril 2006

Des arrestations souvent ciblées

jeudi 20 avril 2006 par Christelle Chabaud
Les « meneurs » étudiants et lycéens, premières victimes de la répression.

« Cela s’appelle de la répression du mouvement social, rien de plus. » Depuis un mois, Me Bertrand Fayn enchaîne les plaidoiries lors des procès intentés aux nombreux jeunes interpellés lors des manifestations anti-CPE. Cet avocat, qui a entre autres défendu Stéphane - un des artisans du mouvement lyonnais condamné à deux mois de prison ferme (lire L’Humanité du 15 avril) -, est catégorique : « De manière générale, il est clair que les services de police essaient d’arrêter en priorité les leaders. » Alors que les cours reprennent peu à peu dans les lycées et les universités, l’heure est au décompte de ceux qui ne sont pas passés entre les mailles des filets policiers. Et, comme le constate Karl Stoeckel, force est de constater que des jeunes moteurs du mouvement, syndiqués ou non, ont bien souvent goûté à la garde à vue, voire à la prison. « À l’UNL, par exemple, les responsables des Bouches-du-Rhône, des Alpes-Maritimes, du Vaucluse et moi-même avons été interpellés », explique le président de l’organisation lycéenne. « Et celui du Haut-Rhin a été placé en garde à vue. » D’autres, sans appartenir à une organisation, se sont découvert « meneurs » au cours du mouvement. Comme Walid, lycéen parisien qui a pris deux mois ferme pour une poubelle brûlée (lire sa lettre page 4). Ou ce jeune lycéen rennais de dix-huit ans, accusé d’avoir jeté des pavés et condamné à trois mois ferme sans mandat de dépôt. Ou encore Élodie et Sébastien, ces deux étudiants marseillais arrêtés alors qu’ils orchestraient le blocage de la place Castellane...


Les manifestants privés de droits

Parmi les « peines complémentaires » prononcées par les tribunaux à l’encontre des anti-CPE se détache la privation (totale ou partielle) des droits civiques, civils et de famille. Cette peine, prononcée pour cinq ans au maximum, est décrite dans l’article 131-26 du Code pénal. À l’annulation du droit de vote et d’éligibilité s’ajoute la levée du droit « d’exercer une fonction juridictionnelle ou d’être expert devant une juridiction » ou encore de « témoigner en justice autrement que pour y faire de simples déclarations ». Le « droit d’être tuteur ou curateur » est aussi remis en cause. Par ailleurs, les peines d’interdiction de vote et d’inéligibilité « emportent interdiction ou incapacité d’exercer une fonction publique ».


Déjà 78 peines de prison !

Un record. Selon les derniers chiffres de la chancellerie, les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation d’environ 4 000 personnes lors des manifestations anti-CPE. Soixante-dix-huit condamnations à des peines de prison ferme et cent soixante-sept condamnations avec sursis ont déjà été prononcées devant les tribunaux, le plus souvent lors de procédures de comparution immédiate. La période de répit due aux vacances judiciaires touche à sa fin. La semaine prochaine, le défilé des prévenus anti-CPE reprendra devant les chambres correctionnelles. Avec à la clé sans doute, de nouvelles condamnations répondant aux consignes gouvernementales.

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