Liste des auteurs

Article de Fanny Doumayrou paru dans L’Humanité du 20 décembre 2006

Des ouvriers polonais refusent le travail gratuit

mercredi 20 décembre 2006 par Fanny Doumayrou
Haute-Savoie . Près d’Annecy, douze salariés sont en grève pour toucher les rémunérations qui leur avaient été promises.

Des salariés polonais abusés par des employeurs rapaces : c’est au moins la troisième affaire du genre en un an dans le secteur de la construction en Haute-Savoie [1]. Depuis le 7 décembre, douze ouvriers du bâtiment polonais sont en grève pour toucher le salaire qui leur est dû. Ils travaillaient depuis la mi-octobre sur un chantier de maisons individuelles « bio » à Doussard, à 20 kilomètres d’Annecy, pour le compte d’un entrepreneur français, Jean-Luc Mantez, qui les a recrutés par l’intermédiaire de la société polonaise Europole. « Cette société les a - embauchés en Pologne en contrat à durée déterminée, et leur avait promis un salaire de 1300 à 1600 euros par mois, avec 45 euros de prime de panier par jour », explique Benoît Grange, de l’union départementale CGT. Or, en presque deux mois de travail, ils ont touché seulement entre 60 et 150 euros chacun, de la main à la main. L’un d’entre eux, qui était employé depuis six mois, a touché 800 euros pour toute la période de travail. Au départ, l’équipe de Polonais était plus nombreuse. « Ils demandaient leur paie mais le patron les renvoyait toujours à la semaine suivante, raconte le cégétiste. Certains se sont découragés, ils les a rapatriés au fur et à mesure et a fait venir d’autres ouvriers. »

Les douze grévistes ont décidé leur action après avoir pris contact avec la CGT, grâce à l’un d’entre eux qui avait déjà vécu une mésaventure du genre à Superbesse, et connaissait le syndicat [2]. Depuis, l’inspection du travail a été alertée et a calculé que le total des salaires dus pour les 12 s’élevait à 40 000 euros, en incluant les heures supplémentaires puisque ces salariés travaillaient du lundi au samedi et parfois même le dimanche. Après avoir interpellé le ministère du Travail, la CGT a obtenu la tenue cet après-midi d’une table ronde à la préfecture, où elle espère obtenir des engagements pour le paiement des sommes dues. Le temps presse puisque les contrats des ouvriers courent jusqu’au 24 décembre, date à laquelle ils risquent d’être expulsés de leurs logements payés par l’employeur. La CGT, qui a organisé des collectes de solidarité dans les entreprises du département, a dû trouver hier un hébergement provisoire pour sept d’entre eux.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !