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Paule Masson | L’humanité du 30.10.2007

Des travailleurs sans papiers font cause commune

mercredi 31 octobre 2007 par Paule Masson
Immigration . Les salariés de cinq entreprises d’Île-de-France exigent ensemble leur régularisation et leur réintégration au travail.

Combien de sans-papiers travaillent ? Presque tous. Quand les employeurs sont pris la main dans le sac, aucun ne reconnaît avoir eu connaissance de leur situation. Mais l’étau se resserre car les affaires s’accumulent. Hier, des salariés de cinq entreprises de la région parisienne, Modelux et Buffalo Grill dans l’Essonne, Metal Couleur et Paris Store dans le Val-de-Marne, OSP en Seine-Saint-Denis, ont organisé ensemble une conférence de presse avec la CGT. Toutes les histoires se ressemblent. Arrivés en France, les immigrés trouvent à se faire embaucher avec de faux papiers. La plupart d’entre eux travaillent pendant plusieurs années avec un CDI. Tant qu’ils acceptent les horaires à rallonge, les heures supplémentaires non payées, les salaires qui ne dépassent pas le SMIC, les travaux durs et pénibles, le statut quo est de mise. Mais si un événement grippe la machine, une dénonciation comme chez Metal Couleur ou l’implantation du syndicat chez OSP ou a Buffalo Grill, ils sont dénoncés, parfois arrêtés, toujours licenciés pour faute et menacés d’expulsion. Les employeurs, eux, « ne sont pas au courant »…

Confrontée à plusieurs affaires en même temps, la CGT d’Île de France a créé un collectif régional. « Nous ne lâcherons pas cette bataille. Nous en faisons un combat majeur, pour une raison de dignité humaine, parce que ce sont des salariés à part entière donc la raison d’être de la CGT », explique Pascal Joly, secrétaire général de l’URIF. Le fait est que le combat n’est pas vain. Il permet, ajoute Thierry Dumez, responsable du syndicat en Seine-Saint-Denis, « d’obtenir des réponses totales ou partielles », titres de séjours provisoires pour ceux de Modelux, Metal Couleur et une partie de ceux de Buffalo Grill (20 régularisations sur 68), avec réintégration dans l’entreprise pour certains. Mais, depuis quelque temps, les préfectures font la sourde oreille. « Nous voulons redire notre exigence que s’engage un dialogue rapide, sérieux et concret avec les préfets », ajoute Thierry Dumez.

« Nous sommes bien intégrés à la société française. Nous contribuons à son économie. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils nier cela », s’agace Souleyman (OSP). « Sur les 22 licenciés, seule une personne est régularisée. La préfecture nous demande une promesse d’embauche et le patron un engagement de la préfecture. C’est insoluble », ajoute Mamadou, de Paris Store (94). Pourtant, ces salariés pourraient bénéficier de l’amendement intégré à la loi Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration votée le 23 octobre, qui ouvre la possibilité de régulariser des travailleurs qui détiennent un emploi ou une promesse d’embauche. « Ce sont des régularisations à la merci du patron », s’inquiète Issa (Buffallo Grill). Effectivement, la « carte de séjour salariée » ne délivre pas un droit plein et entier au séjour. Dès que le contrat de travail est achevé il faut quitter le pays. Le gouvernement appelle cela « l’immigration choisie ».

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