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L’Humanité | Yves Housson le 6 février 2007

Deux hôpitaux sur trois sont dans le rouge

mardi 6 février 2007 par Yves Housson
Santé . Une enquête de la fédération CGT révèle l’ampleur des tensions budgétaires dans les établissements et ses conséquences sur l’emploi.

Comme chaque année, la Fédération CGT de la santé s’est livrée à sa propre enquête sur la situation budgétaire des hôpitaux. Une fois encore, les résultats démentent les propos régulièrement optimistes du ministre de la Santé, et révèlent la face cachée de la baisse du déficit de l’assurance maladie dont Xavier Bertrand se vante. L’enquête, réalisée fin 2006, porte sur un échantillon d’établissements publics et privés dont les budgets cumulés représentent un tiers de l’enveloppe nationale du financement des hôpitaux. Selon la CGT, plus des deux tiers des hôpitaux (68 %) sont en déficit, à hauteur de 3 % environ, contre un tiers selon les chiffres officiels. Les centres hospitaliers universitaires (CHU) sont les plus atteints, près de 9 sur 10 se trouvant dans le rouge. Pour s’en sortir, « les établissements piochent dans les fonds de roulement, empruntent »... Et engagent des « plans d’économies » ou « plans de redressement » ou « contrats de retour à l’équilibre financier » (dans plus de la moitié d’entre eux) pesant essentiellement sur l’emploi, plus que sur l’offre de soins proprement dite.

La fédération évalue à 10 000 le nombre de postes qui sont « soit gelés soit supprimés dans les plans de redressement ». Les emplois précaires (entre 13 % et 17 % des effectifs) se multiplient, singulièrement dans les maisons de - retraite, les hôpitaux locaux. Des directeurs d’établissement sont soumis à de fortes pressions pour recourir aux empois aidés (type CAE). L’organisation et l’aménagement du temps de travail sont aussi impactés par la recherche d’économie, ajoute la CGT qui relève que « les postes vacants deviennent une donnée pérenne, servant de marge de manoeuvre dans l’équilibre budgétaire ». À l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, pas moins de 1 500 postes d’infirmiers et 500 postes d’aides-soignants sont ainsi en souffrance.

Cette enquête recoupe les avertissements lancés par les responsables d’établissement eux-mêmes, la Fédération hospitalière de France dénonçant l’« étau budgétaire » engendré par un ONDAM (enveloppe) hospitalier en hausse de 3,5 % seulement dans le budget 2 007 de la Sécu, alors que la seule augmentation automatique des dépenses de personnels sera de 4,59 %. La CGT santé estime à 8 % la revalorisation nécessaire de cette enveloppe, et chiffre à 100 000 le nombre de postes qu’il faudrait créer dans le cadre d’un « plan d’urgence pour l’emploi et la formation ». Renouvelant sa critique de la réforme de la tarification à l’activité (T2A), « injuste, inefficace et dangereuse pour le service public », elle appelle à « repenser le financement des établissements » en le basant « sur la réponse aux besoins et la valorisation du capital humain qui travaille à l’hôpital ». Elle fait également des propositions pour relever sensiblement les quotas de places dans les écoles d’infirmières et d’aides-soignants, et pour augmenter les salaires. Autant de revendications que la CGT demande aux personnels de soutenir lors de la journée d’action de la fonction publique du jeudi 8 février.

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