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Un article de Nathalie BENSAHEL paru dans Libération du 29 janvier 2005

Dilution homéopathique du chômage pour l’année 2004

samedi 29 janvier 2005 par Nathalie BENSAHEL
Le très léger recul de 0,1 % enregistré masque de fortes disparités entre les catégories de chômeurs.

Le chômage s’est stabilisé en 2004 après trois années de hausse, mais il touche toujours près de 10 % de la population active, un niveau élevé que le Premier ministre s’est engagé à ramener à 9 % en 2005. En 2004, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 (ceux qui sont immédiatement disponibles, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée et à temps plein) a très faiblement reculé de 0,1 %, soit 3 330 chômeurs de moins.

Le nombre de chômeurs s’établissait ainsi à 2 444 200 fin décembre, selon les statistiques du ministère de la Cohésion sociale publiées vendredi. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), calculé différemment, est resté inchangé, à 9,9 % de la population active. En décembre, l’évolution du chômage a suivi la même tendance, avec une baisse de 0,2 % par rapport à novembre, représentant 4 700 demandeurs d’emploi de moins.

Le ministre de la Cohésion sociale s’est toutefois gardé de tout triomphalisme. « C’est un petit mieux », a estimé Jean-Louis Borloo, qui présentera le 16 février son programme pour développer les emplois de proximité dans le secteur des services. « Ce qui me préoccupe, c’est le chômage des jeunes, qui, lui, ne s’est pas amélioré », a-t-il précisé. Car la stabilisation constatée en 2004 masque de fortes disparités entre les catégories de chômeurs. Le chômage des jeunes est en effet en hausse de 2,2 %. Et si le chômage des hommes a baissé de 1 %, celui des femmes s’est accru de 0,8 %, tout comme celui des chômeurs ayant exercé des petits boulots, dont le nombre a progressé de 1,6 %. Tandis que celui des plus de 50 ans recule de 2,3 %. Enfin, le chômage de longue durée (chômeurs inscrits depuis plus d’un an à l’ANPE) progresse également de 3,1 %, de même que celui de très longue durée (plus de trois ans), qui augmente de 2,5 %.

Malgré ces résultats pas franchement engageants, Jean-Pierre Raffarin a confirmé, mi-janvier, son objectif de faire baisser le taux de chômage « d’environ 1 point » par an dès 2005, le ramenant ainsi à 9 % cette année. La prévision suscite un certain scepticisme, l’Insee prévoyant une décrue modérée du chômage pour les six prochains mois, avec un taux qui s’établirait encore à 9,7 % fin juin.

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